Chrétiens, juifs et musulmans pour une cohabitation paisible

Suisse: Fondation le 15 mai prochain du Conseil suisse des religions

Berne, 8 mai 2006 (Apic) Des responsables religieux chrétiens, juifs et musulmans de Suisse vont fonder le 15 mai prochain le Conseil suisse des religions, en anglais le «Swiss Council of Religions/SCR». Avec cette plate-forme unique au sein de laquelle seront représentées les trois grandes religions monothéistes, la Suisse fait oeuvre de pionnier du dialogue interreligieux.

C’est que la carte religieuse de la Suisse et la fonction des Eglises et des communautés religieuses ont radicalement changé, estiment les initiateurs de ce projet qui veulent promouvoir le dialogue entre religions, devenu désormais «incontournable». L’idée d’un tel Conseil des religions a été lancée en 2003 par le pasteur Thomas Wipf, président du Conseil de la Fédération des Eglises protestantes de suisse (FEPS), et premier président du SCR.

Chrétiens, juifs et musulmans ont aujourd’hui leur part de responsabilité dans le maintien d’une cohabitation religieuse et sociale paisible, notent-ils. En ce sens, le nouveau Conseil suisse des religions se veut une plate-forme de dialogue au niveau national. Lundi 15 mai prochain, le Conseil suisse des religions (SCR) tiendra à Berne sa séance de fondation et signera le mandat élaboré en commun.

Le pasteur Thomas Wipf, premier président du SCR

Les membres du SCR sont l’évêque de Bâle, Mgr Kurt Koch, vice-président et responsable du dialogue oecuménique au sein de la Conférence des évêques suisses (CES), le pasteur Thomas Wipf, président du SCR, Mgr Fritz-René Müller, évêque de l’Eglise catholique-chrétienne de Suisse, le professeur Alfred Donath, président de la Fédération suisse des communautés israélites (FSCI), Farhad Afshar, président de la Coordination des organisations islamiques en Suisse (COIS), et Hisham Maizar, président de la Fédération des organisations islamiques faîtières de Suisse (FIDOS). Comme les quelque 300’000 musulmans qui vivent en Suisse sont organisés en plus de 300 associations «nationales-ethniques» et ne disposent pas d’une organisation faîtière, ils auront ainsi droit à deux représentants pour leur garantir une certaine représentativité.

Le dialogue religieux, jusqu’à présent exclusivement bilatéral, sera pour la première fois abordé sur un plan multilatéral, estime Alfred Donath, ce qui contribuera à une meilleure compréhension mutuelle. On pourra ainsi à éviter de nombreuses tensions.

Il ne s’agit évidemment pas de créer une «super-Eglise» – les débats ne porteront pas sur des questions théologiques -, mais de favoriser la paix confessionnelle et de traiter de thèmes concrets de politique religieuse. Le SCR sera ainsi un partenaire de référence pour les autorités politiques suisses.

Pour le moment, le SCR regroupe les grandes religions monothéistes, dans le but d’améliorer la compréhension mutuelle entre les communautés religieuses de tradition abrahamique. Mais il n’exclut pas d’emblée d’accueillir d’autres religions, comme les hindouistes et les bouddhistes, présentes également en Suisse. Dans l’état actuel, le Conseil suisse des religions n’aura pas non plus de représentants des Eglises orthodoxe et évangéliques libres.

Farhad Afshar espère que le nouveau Conseil poussera les musulmans de Suisse à s’organiser selon le modèle des Eglises nationales dans des communautés de droit public avec des élections démocratiques. Le responsable musulman espère à l’avenir que dans un débat comme celui suscité par les caricatures de Mahomet, juifs et chrétiens s’engageront en faveur des musulmans. (apic/com/be)

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