Suisse: Des firmes suisses impliquées dans la vente d’armes en Irak

Embargo: mercredi 10 mai, 2 heures du matin (heure suisse)

Amnesty International dénonce

Lausanne, 9 mai 2006 (Apic) Dans un nouveau rapport rendu public mercredi 10 mai, Amnesty International et TransArms affirment que des firmes suisses sont impliquées dans la vente d’armes en Irak. Une de ces compagnies serait basée à Laufon, dans le canton de Bâle-Campagne. Les deux organisations déplorent que les pays en voie de développement absorbent désormais plus des deux tiers des importations mondiales dans le domaine de la défense.

Amnesty International et TransArms montrent comment le transport de marchandises et les opérations de négoce, de plus en plus sophistiqués, permettent actuellement de livrer des centaines de milliers de tonnes d’armes dans le monde. Une proportion croissante de ces livraisons va à des pays en voie de développement, où ces armes entretiennent certains des pires conflits. Le rapport, intitulé «Dead on Time – arms transportation, brokering and the threat to human rights», révèle en outre l’implication de négociants suisses.

Le rapport publié par Amnesty International et TransArms montre également comment ce réseau d’intermédiaires a permis aux principaux fournisseurs d’armes de viser plus facilement les pays en voie de développement, qui absorbent désormais plus des deux tiers des importations mondiales dans le domaine de la défense, contre à peine plus de la moitié dans les années 1990.

«Les négociants d’armes et les agents de transport ont contribué à livrer nombre des armes utilisées dans les massacres, viols et déplacements actuels de civils au Soudan et en République démocratique du Congo», déclare Brian Wood, responsable de la recherche sur le commerce des armes et de la sécurité à Amnesty International. «Pourtant, les contrôles douaniers sont souvent insuffisants et, encore aujourd’hui, seuls 35 Etats environ ont pris la peine de voter des textes de loi relatifs au négoce des armes: de nouvelles catastrophes dans le domaine des droits humains sont quasiment inévitables».

Des opérations de nature secrète, irresponsable

Le rapport d’Amnesty International illustre la nature secrète, irresponsable et non régulée de nombreuses opérations de transport et de commerce des armes, par le biais d’études de cas.

Ainsi des centaines de milliers d’armes et des millions de cartouches provenant des stocks de la période de guerre en Bosnie-Herzégovine auraient été exportées clandestinement sous les auspices du ministère de la défense des Etats-Unis. Le transport, semble-t-il vers l’Irak, dépendait d’une chaîne de négociants et transporteurs privés, parmi lesquels se trouvait une compagnie de commerce d’armement suisse basée auprès d’une armurerie de Laufon dans le canton de Bâle-campagne.

D’importants stocks d’armes ont été exportés à partir de la Serbie Monténégro vers l’Irak et l’Afghanistan notamment par une compagnie israélienne opérant à partir de la Suisse avec un partenaire commercial basé en Suisse, connu pour ses implications dans le domaine des ventes d’armes, au sein notamment des compagnies Brugger & Thomet AG et BT International Ltd.

Ces personnes et ces sociétés sont probablement inattaquables sur la base du droit suisse mais elles portent certainement une responsabilité morale importante vis-à-vis de nombreuses violations des droits humains commise en Irak et en Afghanistan. (apic/ai/com/be)

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