Roumanie : L’Eglise catholique veut mettre fin aux «mutilations» architecturales à Bucarest

Des initiatives dignes des oeuvres de Ceausescu

Bucarest, 10 mai 2006 (Apic) L’Eglise catholique-romaine de Roumanie a condamné la construction d’un gigantesque immeuble à coté de sa cathédrale à Bucarest. Elle met en garde contre les « mutilations » du style architectural de la capitale.

« Les autorités municipales d’aujourd’hui cherchent à poursuivre l’oeuvre du dictateur Nicolae Ceausescu dont le programme, bien connu, de ’systématisation’ a conduit à la construction de la monstrueuse Maison du peuple à Bucarest », ont déclaré les catholiques dans une pétition adressée au président et au gouvernement de la Roumanie ainsi qu’à la Commission européenne. « Comme à ’l’âge d’or’ de la dictature communiste, c’est la même méthode qui est utilisée en cachant les Eglises derrière des monstruosités de béton et de verre ».

Le maire de Bucarest, Adriean Videanu, rapporte l’agence oecuménique ENI, a délivré un permis de construire en février pour cet édifice d’une hauteur de 75 mètres dont les quatre sous-sols et les 19 étages devraient surplomber la cathédrale St Joseph qui date du 19ème siècle.

Les pétitionnaires affirment que les promoteurs n’ont pas tenu compte des nombreuses protestations venant de l’archidiocèse catholique de Bucarest et ont enfreint la réglementation protégeant les bâtiments historiques. Il est fait mention d’une église arménienne qui, elle aussi, s’est retrouvée écrasée par un immeuble de bureaux, tandis que deux nouvelles constructions sur la place de la Révolution dominent le Palais Royal, la Bibliothèque universitaire et l’Eglise orthodoxe Cretulescu, datant du 18ème siècle.

Démolition des bâtiments historiques sous Ceausescu

Le dernier chef d’Etat communiste de la Roumanie, Nicolae Ceausescu, qui fut exécuté durant la révolution de 1989, avait été unanimement condamné par la communauté internationale pour avoir démoli des bâtiments historiques à la place desquels il avait fait construire la Maison du peuple et le boulevard de la Victoire du socialisme.

Selon cette pétition, en seize ans, depuis la chute du communisme, la municipalité aurait rendu Bucarest célèbre « pour ses innombrables chiens errants et ses enfants sans abri, son manque de logement pour les jeunes et les prix démentiels de ses appartements, la destruction de ses zones de verdure, un nombre record de casinos et un centre historique qu’on a laissé péricliter ». (apic/eni/bb)

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