Afrique: L’exemple des évêques et des politiques dans la prévention sida
Nairobi, 14 mai 2006 (Apic) Selon un envoyé spécial de l’ONU pour le VIH/SIDA en Afrique, Stephen Lewis, les Eglises jouent un rôle de plus en plus important dans la lutte contre le sida. En conséquence, les responsables religieux et politiques pourraient donner un excellent exemple en faisant le test de dépistage du sida. C’est ce qu’il a déclaré dans une proposition choc lors 114e session de l’Union Interparlementaire internationale.
«Le rôle des responsables religieux est de plus en plus déterminant», a expliqué Stephen Lewis à des journalistes à Nairobi, où il assistait à la 114e session de l’Union Interparlementaire, du 7 au 12 mai. «Le démarrage a été très lent. Mais, au cours des trois à quatre dernières années, les responsables religieux ont fait des progrès considérables. Leur engagement s’est intensifié et leurs interventions se sont multipliées».
Selon Stephen Lewis, l’Eglise accomplit un travail remarquable en matière de soins à domicile, de sensibilisation et de soutien aux enfants orphelins, mais il a exprimé son désaccord vis-à-vis de la position de l’Eglise catholique romaine qui s’oppose à l’utilisation de préservatifs dans la guerre contre le sida.
La position de Rome sur le préservatif mise en cause
Pourtant, a-t-il fait remarquer, plus l’engagement des Eglises est important, plus il est possible de voir s’opérer des changements au sein des communautés, «parce qu’elles dirigent des hôpitaux et des dispensaires et qu’elles prêchent toutes les semaines».
La proposition de Stephen Lewis, qui souhaite que les présidents, les premiers ministres, les archevêques et les évêques aillent passer ensemble le test de dépistage du VIH, a provoqué une vive émotion lors de la conférence de presse du 10 mai. «Je recommande vivement aux dirigeants d’Eglise et aux chefs d’Etat d’aller faire ce test ensemble, à deux ou à trois. Quel excellent exemple ils donneraient ainsi à toute la population!», a-t-il précisé.
La conférence de l’Union interparlementaire s’est penchée sur le VIH/SIDA à côté d’autres thèmes comme la pauvreté, le terrorisme et la sécheresse. Elle a examiné la façon dont les parlementaires peuvent venir en aide aux enfants touchés par le SIDA : en brisant le silence, en mettant finà la stigmatisation et aux discriminations et en faisant en sorte que soient adoptées des politiques qui tiennent compte de tous les éléments qui concernent la population.
Les enfants atteints laissés sans traitement
D’après Stephen Lewis, les enfants ne reçoivent pas de traitement parce qu’ils ne sont pas inclus dans les politiques nationales. Ils sont oubliés par le public qui considère le sida comme une maladie d’adultes et ils sont oubliés par les gouvernants.
«Nous avons de l’influence, nous administrons les ressources nationales, et c’est ainsi que nous ferons reculer cette épidémie», a déclaré le président italien de l’Union interparlementaire, Pier Ferdinando Casini. «Les parlementaires peuvent non seulement s’attaquer à la peur et aux préjugés qui alimentent l’épidémie, ils peuvent aussi faire en sorte que chacun s’acquitte de ses responsabilités vis-à-vis des enfants séropositifs, en leur faisant parvenir les traitements voulus, sans discrimination aucune». (apic/eni/vb)
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