Rome: Le pape fait appel à la solidarité internationale pour le développement du Cap-Vert
Rome, 19 mai 2006 (Apic) Benoît XVI a demandé un nouvel élan dans la solidarité internationale pour le développement des pays d’Afrique, dont le Cap-vert. Le pape recevait mercredi les lettres de créance du nouvel ambassadeur du Cap-Vert près le Saint-Siège, Domingos Dias Pereira Mascarenhas.
Constatant qu’un nombre important de Capverdiens ont été poussés à émigrer pour chercher de meilleures conditions de vie, le pape a souligné que la solidarité internationale devrait permettre à chacun, dans son propre pays, de vivre dans la dignité.
Benoît XVI a donc vivement souhaité que la solidarité internationale, notamment en faveur de l’Afrique, connaisse un élan nouveau, afin que ce continent, si durement éprouvé, puisse s’engager résolument sur le chemin de son développement intégral, de la réconciliation et de la paix.
« La solidarité doit s’exercer non seulement à l’intérieur de chaque société, mais aussi entre les peuples », a-t-il expliqué, constatant qu’une coopération confiante et courageuse est indispensable pour créer un espace de paix et de stabilité qui permette la croissance économique et l’équilibre politique. Le pape allemand a en outre souligné le fait que l’Eglise catholique, présente au Cap-Vert depuis des siècles – qui fut longtemps une colonie portugaise – , était « désireuse de contribuer au développement intégral des peuples ».
« En effet, la pauvreté dans laquelle tant d’hommes et de femmes vivent ne peut qu’interpeller la conscience humaine, elle pose à tous la question dramatique de la justice », a expliqué le souverain pontife. Le sous-développement n’est pas une fatalité, a-t-il estimé, et il doit être affronté avec détermination et persévérance.
Pour Benoît XVI, le développement n’est pas seulement une aspiration, mais un droit. Il a alors repris les termes de l’Encyclique « Sollicitudo rei socialis » signée le 30 décembre 1987 par Jean Paul II, selon laquelle « la collaboration au développement de tout l’homme et de tout homme est en effet un devoir de tous envers tous ».
Cinq siècles de présence portugaise
Le nouvel ambassadeur du Cap-Vert au Vatican, Domingos Dias Pereira Mascarenhas, est né le 28 avril 1962 à Santa Caterina. Il est marié et a deux enfants. Expert en droit international, il a notamment été chef de division auprès du ministère des Affaires étrangères, premier secrétaire de l’ambassade du Cap-Vert au Portugal. Il fut chef de cabinet du premier ministre capverdien de 2001 à 2004. Depuis, il est secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères au Cap-Vert, où il réside. Marquée par cinq siècles de présence portugaise, la population capverdienne compte quelque 450’000 habitants, dont 95 % sont catholiques. Le Cap-Vert (en portugais: Cabo Verde) est un petit pays insulaire de 4033 km² situé dans l’océan Atlantique, à plus de 600 km au large du Sénégal.
Suite à diverses vagues d’émigrations, plus de 700’000 Capverdiens vivent aujourd’hui à l’étranger, surtout aux Etats-Unis (250’000) et en Europe. Le Cap-Vert est pourtant le pays « le plus riche » de toute l’Afrique du Sahel. Une richesse relative puisqu’elle est le fruit de l’aide reçue, publique et privée, en provenance des Capverdiens émigrés. L’économie du Cap-Vert souffre particulièrement de la pauvreté des ressources naturelles de base incluant le problème d’eau potable exacerbé par la sécheresse. (apic/imedia/cp/be)
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