« Une arme en plus pour tuer la vie »
Rome, 23 mai 2006 (Apic) La pilule abortive Ru-486 est « une arme en plus pour tuer la vie », affirme L’Osservatore Romano dans son édition du 23 mai 2006, datée du lendemain. Le quotidien du Saint-Siège réagit ainsi aux propos de la nouvelle ministre italienne de la santé, Livia Turco, qui s’est déclarée favorable, le 22 mai, à l’introduction de la pilule abortive en Italie où seul l’avortement chirurgical est actuellement autorisé.
Le quotidien du Saint-Siège trouve « déconcertante la hâte avec laquelle les nouveaux ministres (du gouvernement de Romano Prodi, ndlr) courent pour déclarer leurs intentions sur des sujets particulièrement délicats et sur lesquels il convient au moins de suggérer un peu de prudence ». La réaction de L’Osservatore Romano fait également suite aux déclarations de Rosy Bindi, ministre en charge de la famille, défendant la mise en place d’une législation reconnaissant les unions civiles, hétérosexuelles et homosexuelles, à l’image du Pacte civil de solidarité (Pacs) français. Dans son édition précédente, le quotidien avait déjà qualifié cette position d’ »indéfendable, du moins d’un point de vue catholique ».
La femme peut ainsi « choisir son arme »
A propos de la pilule Ru-486, L’Osservatore Romano estime qu’elle est « un avortement le coeur léger », qui « donne seulement à la femme la possibilité de choisir son arme ». Au pire, peut-on lire encore, une arme plus rapide donne « à la meurtrière la consolation de ne pas trop y penser ». Le quotidien qui répercute aussi des propos défavorables à la pilule abortive de politiciens italiens de droite et d’extrême droite, invite le nouveau gouvernement italien à vérifier les différentes sensibilités de ses administrés.
Le matin même, et suite aux déclarations de Rosy Bindi et Livia Turco, le chef du gouvernement Romano Prodi avait affirmé que les ministres ne peuvent pas exprimer des opinions et doivent seulement faire part de décisions. « Nous avons opté pour le sérieux au gouvernement, ce qui veut dire que nous devons travailler la tête basse et parler seulement lorsqu’une décision a été prise », avait-il ajouté.
Le 15 janvier 2006 le cardinal Lopez Trujillo, président du Conseil pontifical de la famille, avait qualifié la pilule abortive Ru-486 de « guerre chimique contre la vie à naître ». Quelques jours plus tôt, le 12 janvier, lors d’une audience accordée aux administrateurs et conseillers de la Région du Latium, de la Province et de la Mairie de Rome, Benoît XVI avait fait une allusion évidente au débat qui agitait déjà l’Italie avec l’expérimentation de la pilule abortive dans certaines régions du pays.
« Il convient de veiller à ce que les femmes enceintes qui se trouvent dans des conditions difficiles ne manquent pas d’aides concrètes et d’éviter d’introduire des médicaments qui cachent d’une certaine manière la gravité de l’avortement, comme choix contre la vie », avait ainsi déclaré Benoît XVI devant les autorités politiques de Rome et de la région du Latium.
L’Osservatore Romano a déjà dénoncé la diffusion, en Italie, de l’expérimentation de la pilule abortive Ru-486 dans son édition du 16 novembre 2005. Le quotidien du Saint-Siège avait alors parlé de « match cruel et hypocrite contre la vie ». La pilule Ru-486 n’est pas à confondre avec celle dite ’du lendemain’. Née en France en 1980, elle permet une interruption volontaire de grossesse médicamenteuse jusqu’à sept semaines de grossesse. Auparavant réservée à l’hôpital, elle est, en France, depuis le 28 juillet 2004, accessible chez les gynécologues et certains médecins généralistes. (apic/imedia/ami/be)
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