La stratégie de vente la plus gigantesque des dernière décenies

Rome : Da Vinci Code, ’beaucoup de bruit pour rien’, estime ’L’Osservatore romano’

Rome, 24 mai 2006 (Apic) « Beaucoup de bruit pour rien ». C’est ce titre que le journaliste italien Franco Patruno a donné à son article commentant « la version cinématographique du Da Vinci Code », en 3e page de L’Osservatore Romano du 24 mai.

« Le bruit » fait autour du Da Vinci Code est « assourdissant » et perturbant, écrit le journaliste italien, définissant l’atmosphère entourant la sortie du film de Ron Howard, le 19 mai dernier. Il en critique la « pénible » stratégie de marketing qui est, selon lui, « probablement la stratégie de vente la plus gigantesque d’un livre et film dont les dernières décennies se souviennent ».

En effet, « une centaine de millions d’exemplaires du roman historico-fanta-scientifique » se sont vendues jusqu’ici et quelque « 900 copies » du film sont distribuées pour « couvrir » toute l’Italie. « Il n’y a même pas besoin de justifier l’évidence : c’est une invasion de la publicité préventive qui a créé du suspense sans oeuvre », estime donc Franco Patruno, qualifiant Dan Brown, l’auteur du livre désormais « multimilliardaire », d’ »extrêmement malin ».

Quant au film de Ron Howard, il en critique les nombreux « temps morts ». Après un « début captivant » qui ne dépasse pas une durée « de 12 minutes », il faut encore attendre 140 autres minutes « avant d’arriver à la fin », regrette-t-il. « Le réalisateur a voulu, pour notre malheur, être fidèle au roman ».

Le journaliste du quotidien du Saint-Siège s’étonne là encore de la stratégie publicitaire autour de la réalisation. « L’oeuvre, après avoir hésité, surfe désormais sur la vague médiatique et publicitaire », souligne-t-il. Il décrit ainsi les « salles pleines » des multiplex pour cet « avènement apocalyptique, avec la très nombreuse présence d’adolescents de treize et quatorze ans ». « L’attente est impressionnante: ils ont suivi le bombardement médiatique et maintenant, curieux, affluent dans les salles de projection comme s’ils attendaient le but de leur vie ».

L’Opus Dei joue la carte de la transparence

L’auteur de l’article estime par ailleurs que l’Opus Dei, attaquée dans le film, a « intelligemment réagi », en « étonnant ceux qui s’attendaient à des piquets devant la Croisette de Cannes ou dans toutes les salles dans lesquelles le film doit être projeté ». Au lieu de dénoncer de façon systématique les abus du livre et du film, le prélat de l’Opus Dei, Mgr Javier Echevarria, a dit vouloir jouer « la stratégie de la transparence », communiquant largement sur sa prélature personnelle.

De même, Franco Patruno considère que la Conférence épiscopale italienne a eu une « attitude intelligente », en considérant l’événement comme une « chance pour la catéchèse christologique », qui est selon lui déficiente et qui pourtant « donne la possibilité d’ouvrir des percées aux vieilles et nouvelles gnoses new age ».

Le Da Vinci Code, thriller ésotérique et controversé de Ron Howard, a pris comme prévu la tête du box-office nord-américain. Les protestations d’associations religieuses et la critique assassine n’ont pas empêché cette superproduction, qui réunit Tom Hanks et Audrey Tautou, d’amasser 77 millions de dollars au cours de son premier week-end en salles. Le film, adapté du méga best-seller de Dan Brown et doté d’un budget de production de 125 millions de dollars, a bénéficié de la colossale campagne de promotion qui a précédé son lancement. Il a provoqué la colère de certains religieux parce qu’il postule que Jésus et Marie-Madeleine ont conçu une descendance, et a été descendu en flammes par la critique.

Au niveau mondial, le film, qui est sorti dans plus de 90 pays, a rapporté quelque 224 millions de dollars, selon les chiffres publiés le 21 mai. Il s’agit du deuxième meilleur résultat derrière Star Wars III: La Revanche des Sith, de George Lucas, qui cumulait l’an dernier à sa sortie 253 millions de dollars. (apic/imedia/ar/bb)

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