Le pape invite à ne pas céder au relativisme ambiant

Voyage de Benoît XVI en Pologne

De notre envoyé spécial Antoine-Marie Izoard, agence I.Media

Varsovie, 26 mai 2006 (Apic) Le pape a appelé les Polonais à ne pas céder au relativisme et à ne pas interpréter de manière subjective les Ecritures sacrées, lors de la messe présidée devant des centaines de milliers de Polonais, sur la place Pilsudski, au coeur de Varsovie, dans la matinée du 26 mai.

Au cours de cette messe célébrée en partie sous la pluie, le pape a été plusieurs fois acclamé par la foule aux cris de « merci Saint-Père ».

« Nous ne devons pas tomber dans la tentation du relativisme ou de l’interprétation subjective et sélective des Ecritures sacrées », a lancé le pape devant les fidèles polonais et leur président de la République, Lech Kaczynski. « Seule la vérité toute entière peut nous ouvrir à l’adhésion au Christ mort et ressuscité pour notre salut », a prévenu le pape, alors que l’Eglise traverse une période de critiques concernant la figure du Christ, sur fond de Da Vinci code ou d’Evangile de Judas.

« Aujourd’hui encore, comme dans les siècles passés, il existe des personnes ou des environnements qui, en négligeant la Tradition des siècles, voudraient falsifier la parole du Christ et enlever les vérités de l’Evangile qui, selon eux, sont trop dérangeantes pour l’homme moderne », a déclaré Benoît XVI. A ses yeux on cherche ainsi « à créer l’impression que tout est relatif », que « les vérités de la foi dépendraient de la situation historique et de l’évaluation humaine ». « Mais l’Eglise ne peut pas faire taire l’Esprit de vérité », a-t-il lancé.

Benoît XVI a ainsi précisé qu’il était, avec les évêques, responsable « de la vérité de l’Evangile », une responsabilité partagée par « tous les chrétiens ». « Chaque chrétien est tenu de confronter continuellement ses propres convictions avec l’enseignement de l’Evangile et de la Tradition de l’Eglise dans l’engagement de rester fidèle à la parole du Christ, même lorsqu’elle est exigeante et humainement difficile à comprendre », a ainsi soutenu le pape.

Cultiver l’héritage laissé par Jean Paul II

Vivre avec le Christ, a encore prévenu Benoît XVI, « signifie être prêts à renoncer à tout ce qui constitue la négation de son amour ». Il a invité les fidèles à « demeurer fermes dans la foi », reprenant le thème principal de sa visite en Pologne, tiré de la première Lettre aux Corinthiens (1 Cor 16, 13). Le pape a invité les fidèles à cultiver l’héritage transmis par les générations passées, mais aussi « l’héritage de la pensée et du service de ce grand Polonais que fut le pape Jean Paul II ». « Comment ne pas remercier Dieu pour tout ce qui s’est réalisé dans votre patrie et dans le monde entier durant le pontificat de Jean Paul II », a aussi demandé Benoît XVI aux Polonais.

Au tout de début de la messe, après avoir ouvert la cérémonie avec quelques mots en polonais, Benoît XVI a été acclamé par les centaines de milliers de fidèles présents. Puis, le cardinal Jozef Glemp, archevêque de Varsovie, a accueilli le souverain pontife. Le primat de Pologne a rappelé les évènements célébrés sur cette même place: la première messe dite par Jean Paul II sur sa terre natale pour la vigile de la Pentecôte le 2 juin 1979, les obsèques du cardinal Wyszynski le 31 mai 1981 et la messe pour la béatification de 108 martyrs célébrée par le pape polonais en juin 1999.

Un pont affaibli par l’athéisme politique

Après avoir rappelé que le souverain pontife était celui qui « construit des ponts et crée des liens », le cardinal Glemp a noté que le « premier pont spirituel » s’étendait « entre le ciel et la terre, entre la vie du corps et celle de l’âme ». « Bien que le pont s’appuie sur le pilier de la foi et de Jésus Christ, l’athéisme politique l’a affaibli », a-t-il souligné dans une allusion évidente à l’ancien régime communiste. « Il semble qu’il soit simplement resté un chemin en mesure de nous conduire en privé vers le divin », a-t-il encore noté avant de regretter que, « dans cette époque de liberté, beaucoup sont ceux qui soutiennent que ce pont ne donne pas de joie, et c’est pour cela que les pragmatiques l’évitent ».

Une grande partie de la messe s’est déroulée sous la pluie. Au milieu de la forêt de parapluies qui recouvrait la place, apparaissaient de nombreuses banderoles avec des messages à l’attention du pape dont celui-ci: « reste avec nous ». Les intentions de prières ont été lues en polonais, en anglais et en biélorusse. Au terme de la messe, Benoît XVI devait couronner une icône de ’Notre-Dame de Piotrkow Trybunalki’ avant de rentrer à la nonciature apostolique de la capitale polonaise. C’est en milieu d’après-midi qu’il devait quitter Varsovie pour se rendre au sanctuaire marial de Czestochowa, coeur de la Pologne catholique. (apic/imedia/ami/bb)

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