L’éthique n’est pas une contrainte mais une opportunité

Lisbonne: Intervention du cardinal Martino au Congrès mondial des entrepreneurs chrétiens

Lisbonne, 28 mai 2006 (Apic) «L’éthique n’est pas une contrainte pour l’entreprise, mais une opportunité qui en qualifie l’efficacité et les objectifs», a affirmé le cardinal Renato Martino. Il s’exprimait lors du 22e Congrès mondial des entrepreneurs chrétiens, sur le thème ’Développer les entreprises au service de l’humanité dans le monde moderne’, qui s’est tenu à Lisbonne du 25 au 27 mai.

Pour le président du Conseil pontifical Justice et Paix, qui s’adressait aux membres de l’Union internationale des associations patronales catholiques (Uniapac), les valeurs morales comme la responsabilité, la solidarité, la justice et le respect des droits humains, «ne sont pas des ennemies de l’activité économique, mais ses amies les plus sûres, même si elles sont très exigeantes». «Les dimensions sociales, éthiques et même religieuses sont étroitement liées à l’économie, à l’entreprise et au profit» a affirmé le cardinal Martino. Et d’ajouter que «les vertus civiques, le maintien des liens familiaux, les liens de réciprocité et religieux produisent aussi des effets économiques d’une grande importance dans et hors de l’entreprise».

Le cardinal Martino s’est également réjoui que «la longue période d’incompréhensions et d’équivoques entre l’Eglise et le monde de l’entreprise» soit arrivée à son terme, laissant place à une conception positive du marché, mais aussi à la condamnation unanime de l’»idolâtrie du marché et du profit, antireligieuse, inhumaine et socialement insupportable».

Contre «le protectionnisme et la fermeture» entre nord et sud

Le président du Conseil pontifical Justice et Paix s’est ensuite élevé contre «le protectionnisme et la fermeture» entre les Etats du nord et ceux du sud, pour favoriser au contraire «l’accès aux plus pauvres au marché mondial». Il a en outre rejeté l’idée d’une aide économique aux entreprises des pays pauvres «sous la forme de prêt ou de transfert de technologies obsolètes», sans «participation au risque» et sans «exportation d’un savoir-faire en entreprise» vers le sud. «Les coûts économiques sont toujours aussi des coûts humains et les coûts humains ont toujours une retombée économique», a finalement souligné le cardinal. «Plus l’économie est vertueuse, plus le contexte se fait humain (et) plus le contexte promeut la personne, plus l’économie trouve le vent pour ses voiles», a-t-il conclu.

L’Uniapac a été fondée en 1931 sous le nom ’Conférences internationales des associations de patrons catholiques’, à l’occasion du quarantième anniversaire de l’Encyclique Rerum Novarum. Elles réunissaient alors des entrepreneurs catholiques français, allemands et belges, avec des observateurs d’Italie, d’Allemagne et de Tchécoslovaquie. Après la deuxième Guerre mondiale, l’organisation s’est ouverte à d’autres pays européens et aux pays latino-américains, prenant le nom d’Uniapac en 1949. Devenue une association oecuménique en 1962, sous la nouvelle dénomination ’International Christian Union of Business Executives’, elle a néanmoins conservé ses initiales. L’Uniapac est aujourd’hui basée à Bruxelles. (apic/imedia/cp/bb)

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