«Benoît XVI a entièrement mis ses pas dans ceux de Jean Paul II»
Propos recueillis par Antoine-Marie Izoard, de l’Agence I.Media
Auschwitz-Birkenau, 29 mai 2006 Le père Patrick Desbois, secrétaire du Comité épiscopal français pour les relations avec le judaïsme, a estimé que la visite de Benoît XVI était «un ancrage dans la tradition de l’Eglise».
Le 28 mai, dans les camps d’extermination nazis d’Auschwitz et de Birkenau, le pape s’est demandé comment Dieu avait «toléré» une telle «accumulation de crimes», avant de le supplier de «ne plus jamais permettre une chose pareille». Lors de la cérémonie du 28 mai, à Birkenau, le père Patrick Desbois a brièvement livré ses impressions à I.Media et à l’hebdomadaire catholique français Famille Chrétienne.
Q.: Comment interprétez-vous la démarche de Benoît XVI à Auschwitz et Birkenau ?
Père Desbois: Benoît XVI a entièrement mis ses pas dans ceux de Jean Paul II, car son texte était fortement inspiré de la déclaration de son prédécesseur en 1979. Mais, en même temps, il l’a déployée, en appelant à une réflexion et à une mobilisation contre le mal. Tout le monde disait que les choses changeraient après Jean Paul II et je crois que le fait qu’un pape revienne ici est un ancrage pour la tradition de l’Eglise. Dans un pèlerinage magnifique en Pologne, le pape s’est rendu à Auschwitz pour exprimer sa détermination contre le mal. Cela me paraît essentiel pour la construction de l’Europe, mais aussi pour l’Eglise catholique en Europe. Cela nous invite aussi à rester vigilants pour d’autres génocides qui peuvent avoir lieu ailleurs.
Q.: «Où était Dieu ces jours-là ?», s’est demandé le pape.
Père Desbois: J’ai déjà entendu cette question posée par quantité de juifs qui disent qu’ils ont perdu la foi lors du «Juden raus» (dehors les juifs, ndlr), lorsqu’ils ont perdu leur femme et leurs enfants au jour de la «sélection». Ce jour-là, m’ont-ils dit, ils ont demandé à Dieu: «Où es-tu ?».
Q.: Benoît XVI s’est présenté comme un «fils du peuple allemand», déclarant aussi qu’il ne pouvait pas ne pas venir à Auschwitz et Birkenau. Comment avez-vous reçu ces paroles ?
Père Desbois: Jean Paul II, en 1979, s’était présenté en «fils de la nation polonaise». Cela nous prouve que Benoît XVI, comme Jean Paul II, tient compte de son histoire personnelle et engage toute sa personne dans la papauté, y compris son origine nationale. C’est une grande richesse qui montre la consécration du pape dans son magistère, et aussi que chacun doit se consacrer, dans la lutte contre le mal, à partir de là d’où il vient. (apic/imedia/ami/pr)
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