Au lendemain de la rencontre de Taejon, en Corée du Sud
Assesse/Namur, 1er juin 2006 (Apic) Au niveau mondial, les paysans et les ruraux subissent «un véritable tsunami social» suite aux politiques jugées de plus en plus agressives de l’économie néo-libérale. Pour la FIMARC, les «agents» de cette politique sont notamment la Banque mondiale, le Fonds Monétaire International, l’Organisation Mondiale du Commerce.
Le thème de travail majeur de la FIMARC, la Fédération Internationale des Mouvements d’Adultes Ruraux Catholiques, est la «souveraineté alimentaire». La Fédération, dont le siège est à Assesse, dans la province de Namur (Belgique), se donne pour but de défendre et promouvoir le monde rural par le partage et la solidarité entre ruraux et paysans. Aujourd’hui, la Fédération (Cf. www.fimarc.org) relaie le véritable cri d’alarme des paysans et des ruraux dans le monde.
La FIMARC vient de tenir sa Rencontre mondiale à Taejon, en Corée du Sud, où elle a été l’hôte du mouvement paysan KCFM (Korean Catholic Farmers Movement), le seul mouvement adhérent de la Fédération dans cette région du monde à majorité bouddhiste. Créé en 1966, ce mouvement s’adresse aux ruraux pour faire connaître et promouvoir le milieu rural en mettant en contact les ruraux et les urbains, en organisant des circuits courts de consommation, en défendant auprès du gouvernement et dans les sommets internationaux l’agriculture paysanne.
Les 20 % les plus pauvres se partagent 1,4 % des revenus mondiaux
La FIMARC relève que selon le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement), les 20% les plus riches de la population mondiale absorbent 82,7 % des revenus mondiaux, tandis que les 20 % les plus pauvres doivent se contenter de se partager 1,4 % de ces revenus. Réunie en Corée du Sud du 24 avril au 13 mai pour sa XII rencontre mondiale, la FIMARC a renouvelé ses revendications pour l’accès aux ressources pour tous, à la terre, à l’eau, aux semences.
La Fédération, reconnue Organisation Internationale Catholique (OIC) par le Saint-Siège, constate qu’en conséquence de cette logique ultra libérale qui produit des inégalités croissantes, les suicides, les phénomènes de migration, de trafics d’êtres humains sont de plus en plus le lot quotidien d’une multitude de personnes. Car, poursuit la FIMARC, «dans cette structure déterminée par l’économie se construit un système social ravageur dans lequel se concentrent les pouvoirs économique, politique et militaire dans le monde».
La FIMARC indique que la démocratie et la bonne gouvernance doivent être considérées comme un processus, un objectif permanent à atteindre, et se définit dans une vision holistique, c’est-à-dire en tenant compte non seulement du facteur humain mais également du respect des cultures et de l’environnement propre à chaque personne ou communauté.
Lors des récents forums sociaux mondiaux ou régionaux, des forums pour réclamer des réformes agraires soutenables, des forums de l’eau et tant d’autres initiatives qui visent à rendre le pouvoir au peuple, la FIMARC constate que des initiatives dans les formes de bonne gouvernance naissent dans divers pays et que des structures de commerce équitable voient le jour. Elle propose à ses mouvements membres d’élaborer des propositions viables pour des alternatives à la logique économique néo-libérale, dans le souci d’une économie solidaire et d’un commerce équitable.
Dans sa résolution finale, la FIMARC demande encore à la hiérarchie de l’Eglise de «dénoncer de manière prophétique les situations d’injustice que traversent des millions de familles paysannes» et de se prononcer clairement «en faveur de l’agriculture paysanne et familiale et de la biodiversité, symbole de vie, contre les OGM symboles de mort». Notons que la rencontre mondiale de Taejon s’est déroulée en présence de 40 délégués d’Asie, d’Amérique latine, d’Afrique et d’Europe occidentale et d’une délégation des pays de l’Est. La Suisse était représentée à Taejon par Germain Froidevaux, paysan retraité du Noirmont (canton du Jura), membre de l’action catholique rurale ACAR Suisse. (apic/com/be)
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