Le pape appelle les ex-Yougoslaves à se tourner vers l’avenir

Rome, 6 juin 2006 (Apic) Le pape appelle les ex-républiques yougoslaves indépendantes, certaines déchirées par des guerres dans les années 1990, à regarder vers l’avenir dans l’amitié, dans un message transmis mardi en Croatie par son ministre des Affaires étrangères, Mgr Giovanni Lajolo. « Le Saint-Père souhaiterait qu’après toutes ces divisions et après l’obtention de leur indépendance, les Etats (ex-républiques yougoslaves) laissent le passé derrière eux et regardent vers l’avenir avec une meilleure compréhension, générosité et amitié entre les peuples », a déclaré à la presse Mgr Lajolo. Le démantèlement de l’ex-Yougoslavie a déclenché une série de guerres fratricides qui ont touché la Slovénie en 1991, ravagé la Croatie (1991-1995), la Bosnie (1992-1995) et le Kosovo (1998-1999). Le Vatican avait été le premier Etat à reconnaître l’indépendance de la Slovénie et de la Croatie. La proclamation samedi par le Monténégro de son indépendance, après sa séparation de la Serbie, marque la fin du démembrement de l’ex-fédération yougoslave.

Suisse: L’Ecole de la Foi, multiculturelle avant la lettre, ferme ses portes à Fribourg

Des causes financières, politiques et administratives

Fribourg, 6 juin 2006 (Apic) Pas de nostalgie, mais du vin rosé à la fin de la Conférence de presse de clôture de l’Ecole de la Foi, à Fribourg, une aventure de 37 ans. Des raisons financières et une proportion d’étudiants venant essentiellement du Sud – qui équivaudrait à « faire venir des classes entières d’Afrique ou d’Asie » – et surtout, un bras de fer lassant avec les autorités fédérales, ont eu raison de son existence.

Si l’on en croit Jean-Blaise Fellay, Père jésuite, responsable du CIFT (Centre interdiocésain de formation théologique) et de la formation Croire et Comprendre, à propos de la fermeture de l’Ecole de la Foi, à Fribourg, la « guérilla » avec l’administration fédérale pour l’obtention des visas des étudiants africains a contribué à faire disparaître l’Ecole. L’abbé Jacques Theurillat, président du Conseil de Fondation, le prévôt Claude Ducarroz, directeur de l’Ecole de la Foi, Soeur Marie-Gabrielle Bérard, responsable pour la Fondation Ecole de la Foi à Yamoussoukro, Côte d’Ivoire, ont aussi évoqué les étapes des principales décisions du Conseil de Fondation qui ont abouti en novembre 2004 à la fin de cette voie de formation ouverte sur le multiculturel avant la lettre, initiée par l’abbé Jacques Loew en 1969.

Novembre 2004, 18 nouveaux étudiants (« disciples ») sur les 24 attendus, faute de visas: les comptes 2004-05 bouclent avec un déficit de 53’650 malgré des dépenses comprimées et des dons extraordinaires de 160’000 francs, dont un don anonyme de 100’000 francs. Equilibrage, mais qui ne permettait pas d’envisager le futur, rappelle l’abbé Theurillat. Une lente érosion des effectifs a fait passer les « disciples » de 71, en 1985, à 26, en 1995. Mais les étudiants africains qui, en 1985 représentaient 28% des étudiants et 56% en 1995, sont 66% en 2005. « Le déficit causé par notre Occident en voie de déchristianisation a été compensé par la venue de candidats du Sud » relève Claude Ducarroz.

La question des visas a pesé lourd comme l’a rappelé Jean-Blaise Fellay qui, devant la chute, dès l’an 2000, des visas accordés par la Suisse aux futurs étudiants, a déploré que « Berne n’ait pas ouvert les yeux sur l’aspect international de cette Ecole ». Le directeur du CIFT a souligné qu’en Afrique, les étudiants deviennent des cadres et responsables de catéchèse, après leur cursus à l’Ecole de la Foi. Il a même écrit aux autorités fédérales en leur disant en substance: « Voulez-vous que les gens aillent se former auprès des sorciers locaux ou des évangélistes Nord-américains? ».

Il faut donc prendre acte de la disparition de cette formation-évangélisation implantée en Suisse. Mais une nouvelle Ecole de Foi en terre africaine suscite les espoirs, tempérés par les nombreux obstacles que le projet rencontre. Un projet initié dès ses débuts par Jacques Loew, au milieu des années septante. Un état d’esprit qui pourtant se poursuivra, même modestement, à travers Croire et Comprendre, qu’a présenté Jean-Blaise Fellay, une année de formation en collaboration avec le CIFT. « Cependant, nous n’avons pas l’infrastructure pour obtenir des bourses et des visas », regrette-t-il. Actuellement, les candidats sont filtrés par l’administration fédérale à peu près comme des terroristes, ce n’est pas vraiment le cas des candidats à l’Ecole de la Foi!.

Croire et Comprendre est une formation biblique, théologique, pastorale et en sciences humaines, ainsi qu’en spiritualité et liturgie, destinée aux laïcs, femme ou homme marié ou non. Mais les étudiants ne seront pas logés.

Samedi 24 juin, un rituel de clôture de l’Ecole de la Foi se fera, sous le vocable Passage pascal de l’Ecole de la Foi. Programme festif avec anciens et anciennes, repas, chants messe et passage du témoin à Croire et Comprendre et à la future Ecole de la Foi à Yamoussoukro. VB

Encadré:

Yamoussoukro et Soeur Marie-Gabrielle Bérard, de Sion

Aux côtés de Jacques Loew, Soeur Marie-Gabrielle Bérard, supérieure de la Congrégation des Ursulines de Sion, a participé au projet en terre d’Afrique, dans les années septante. La Côte d’Ivoire est alors un pays stable, garant d’un projet à la fois d’évangélisation et de développement. Cette religieuse, qui fut directrice de l’Ecole de la Foi à Fribourg, aime les défis. » A l’Ecole, j’avais même mis ensemble des Hutus et des Tutsis! » Elle défend une pédagogie basée sur « la convivialité, pour aller au-delà des racismes et de tout ce qui divise ».

L’Association Ecole de la Foi de Yamoussoukro se constitue en 2002, avec des laïcs des religieux sur place et le diocèse lui-même. Un terrain de 25 Ha a été donné par Mgr Paul Siméon Ahouanan, évêque de Yamoussoukro, en 2001. Actuellement, le terrain est clôturé, un homme est en charge de la structure, planteur et ancien de l’Ecole de la Foi. Un architecte d’Abidjan est en charge des plans. Soeur Marie-Gabrielle voyage entre Sion et la Côte d’Ivoire, où une vingtaine de soeurs ursulines, venues de différents pays d’Afrique, se sont implantées dans trois diocèses de Côte d’Ivoire.

En raison de la situation sociopolitique en Côte d’Ivoire, le projet a pris du retard. Les coûts sont en hausse dans le pays à cause de la guerre, précise Soeur Marie-Gabrielle. Mais l’argent ne manque pas pour tout le monde: les Chinois investissent à fond dans le pays. « Nos devis étant très modestes, cela bloque le développement du projet ».

Soeur Marie-Gabrielle espère qu’au moins deux des principaux donateurs de l’Ecole de la Foi de Fribourg reporteront leurs dons sur Yamoussoukro, soit Missio, mécène pour 200’000 francs, et Aide à l’Eglise en Détresse (AED), pour quelque 100’000. Il faut aussi développer un réseau autour du projet. Une femme seule n’a pas la « visibilité » nécessaire, mais ce n’est pas différent en Suisse, lance Soeur Marie-Gabrielle.

« On se trouve dans un contexte de pays occupé. On croise sans cesse des soldats de l’ONU, venus du Bangladesh, d’autres pays d’Afrique et du Maroc. Les voitures militaires et les files d’orphelins et de malades s’allongent. Il faut traverser 36 barrages pour se rendre de Yamoussoukro à l’Ouest du pays ».

Sur le projet Yamoussoukro, Soeur Marie-Gabrielle insiste sur l’humanisation de la religion qu’il faut développer, là bas où « le dieu de la tradition fait peur, et où on lui sacrifie encore les 2 ou 3 poulets qu’on possède, parce que le sorcier a dit de le faire. Il importe de passer d’un dieu qui fait trembler à un dieu qui vous aime et ne vous demande pas les derniers poulets qui vous restent ». VB

Photos disponibles auprès de l’Echo Magazine, Genève redaction.echo.magazine@saripress.ch

Encadré:

Jacques Loew, un ancien prêtre ouvrier

Fondation en 1969, de l’Ecole de la Foi, dans le sillage du Concile Vatican II, par le Père Jacques Loew, dominicain. Ce dernier fut à l’origine de la Mission ouvrière Pierre et Paul en 1955 en France. L’Ecole de la Foi de Fribourg accueillait – puisqu’il faut parler au passé – des adultes ayant un projet pastoral d’évangélisation à mettre en oeuvre après leur séjour à l’Ecole de la Foi. Ceux-ci pouvaient être envoyés par un évêque, un supérieur religieux ou appuyés par une paroisse, qu’ils soient laïcs, prêtres, religieux, hommes ou femmes, célibataires ou mariés. L’Ecole de la Foi a été dirigée tour à tour par le Père Jacques Loew, le diacre Noël Aebischer et sa femme, Soeur Marie-Gabrielle Bérard, et depuis 2001, par le prévôt du chapitre cathédral de St Nicolas, à Fribourg, Claude Ducarroz. Les étudiants sont venus de loin. Sur 1898 « disciples », il y a eu des Africains, 493, mais aussi 223 du continent américain, 98 Asiatiques, 921 Européens, sans compter les Suisses, qui sont 157. Et même 6 étudiants venus d’Océanie.

Ce jeune prêtre roumain greco catholique (de rite byzantin) marié, qui termine sa formation à l’Ecole avec la dernière session d’examens de juin 2006, a d’abord reçu une formation biblique chez lui. Elle était dispensée par une Faculté de théologie universitaire dépendant de l’Etat roumain, précise-t-il. Outre l’étude des textes, il a été confronté à la vie en équipe. Beaucoup de gens prétendent que c’est super de vivre ensemble pour des jeunes issus de plusieurs continents, ce n’est pas vrai ! On s’aperçoit vite que si on n’a pas l’amour et surtout la patience, on n’y arrive pas ! » VB

Apic Interview

Suisse: Fermeture de l’Ecole de la Foi

La fin et le rayonnement d’un projet typique du Concile Vatican II

Fribourg, mardi 6 juin 2006 (Apic) Le dernier directeur de l’Ecole de la Foi et Prévôt du Chapitre de la cathédrale St Nicolas à Fribourg est un peu triste de la fermeture de l’Ecole. Claude Ducarroz livre son sentiment à l’Apic et se dit « reconnaissant » pour le rayonnement international de l’Ecole de la Foi (75 nationalités), aventure hors du giron de l’ »institution » Eglise, fruit de Vatican II et de son fondateur, en 1969, Jacques Loew.

Jacques Loew, figure marquante du mouvement des prêtres ouvriers en France, appelé le « docker de Dieu » a fondé l’Ecole de la Foi à Fribourg en 1969. Il est décédé en février 1999 à l’âge de 90 ans. Parmi l’originalité de cette formation ouverte à tous et que près de 1’900 « disciples » ont suivie: le partage prêché dans la Bible et vécu dans la vie quotidienne, en appartement, où tout devait être pris en charge par les étudiants – on dit les disciples – des courses au ménage en passant par la cuisine et le nettoyage. Des disciples venus d’Afrique, d’Asie, des Etats-Unis, d’Europe, et issus de cultures complètement différentes. Oui, la fin de l’Ecole de la foi est une perte, que le Conseil de Fondation, présidé par l’abbé Jean-Jacques Theurillat, espère combler avec l’ouverture de la nouvelle Ecole de la Foi en terre africaine, à Yamoussoukro, Côte d’Ivoire.

Apic: Directeur depuis 2001 de l’Ecole de la Foi, quel est votre sentiment à la fin de cette aventure?

Claude Ducarroz: Je suis le 4e et dernier directeur depuis 5 ans seulement. Je me sens un petit dernier dans la lignée, honoré d’avoir pu y travailler et bien sûr un peu triste, je le reconnais, de voir que cette belle aventure évangélique doit s’arrêter, du moins à Fribourg. Mais je crois pouvoir affirmer, dans la sérénité, sachant que les oeuvres d’Eglise sont aussi guidées par l’esprit, qu’elles ont un commencement, une floraison et parfois une fin ou une transplantation ailleurs, ce qui est le cas pour l’Ecole de la Foi. J’éprouve un sentiment de très grande reconnaissance pour ce qui a été fait depuis 37 ans à Fribourg. On a vécu une école qui a rayonné – on pourrait presque dire – sur le monde entier, puisque on y a formé ici 1’898 « disciples », comme les appelait Jacques Loew, de 75 nationalités.

Apic: Par exemple?

Claude Ducarroz: Il y aurait là une histoire à écrire, de la fécondité de l’Ecole de la foi, à partir du charisme de son fondateur. Aujourd’hui même, je reçois une lettre d’Amiens, d’une femme qui a passé par l’Ecole de la foi en 1976-78 et qui dit: « Ce sont sans aucun doute les plus belles années de ma vie. Aujourd’hui, je suis à la retraite et lorsque je regarde le chemin parcouru, je m’aperçois qu’au départ, j’avais peu d’atouts pour vivre ma vie. L’Ecole de la Foi m’a donné une orientation, une solidité (.) ». C’est assez typique de l’Ecole de la Foi. Voilà une personne qui a commencé à travailler à 14 ans et qui est devenue notamment grâce à l’Ecole de la Foi une témoin active, même à sa retraite, au service de l’Eglise d’Amiens. Le Père Loew l’avait rencontrée en lien avec Madeleine Delbrêl. Par les lettres reçues d’Afrique, je vois que les anciens de l’Ecole sont engagés dans des responsabilités. Il y en a même un qui est devenu évêque. Mais oui, à Madagascar. Il s’appelle Philippe !

Apic: Qu’a apporté de particulier le Père Loew?

Claude Ducarroz: Juste après Vatican II. Le père Loew a été vraiment un prophète dans l’application du Concile. Il a été très proche de Paul VI. Son idée était: il faut préparer des disciples pour l’évangélisation. Il y a un caractère prophétique dans la démarche de l’Ecole de la Foi. Pour cela, il faut une formation solide – on reconnaît l’ancien dominicain qu’il était – basée sur la Bible. Et là je soupçonne son éducation protestante ! Bien que baptisé catholique, il a été élevé dans le protestantisme. Ensuite, il a compris que c’était le moment de mélanger les vocations.

Apic: Comment cela?

Claude Ducarroz: Eh bien, de faire une école où toutes les vocations sont représentées. Prêtre, religieux, religieuse, laïc, célibataire, marié, homme, femme. Donc une école pour tous. Et puis surtout, il a eu l’audace, vraiment l’audace, de proposer une formation qui intègre les trois principales dimensions de la vie : la connaissance, à travers les enseignements, la prière, à travers la vie liturgique et spirituelle et puis la vérification de tout ça dans la vie communautaire, c’est-à-dire vivre en équipe complètement, en assumant toute la réalité humaine.

Cela par petites équipes, dans des appartements partagés à plusieurs. Vous avez un prêtre irakien avec un jeune Roumain, un Haïtien et un Suisse par exemple. Voilà, il faut qu’ils ou elles vivent ensemble et rien que pour les menus, cela fait déjà beaucoup de discussions ! La culture des autres, les habitudes des autres, c’est gratiné !

Apic: Que sont les Equipes de la Foi?

Claude Ducarroz: Le Père Loew a été imité. Mais à ma connaissance peu sont allés jusqu’à réunir les participants dans une vie commune. Au Canada, en France en Belgique, la formule d’une formation intensive pendant 2 ans basée sur la Bible a été reprise un peu partout. Parfois cela s’appelle Ecole de la Foi, Equipes de la Foi… D’ailleurs cela nous a enlevé des candidats pour l’Ecole, ici à Fribourg. Aujourd’hui, nous n’avons plus de disciples français. Un tiers des étudiants étaient pourtant Français. 627 sont venus en tout. Maintenant ils trouvent dans leur pays des formules semblables. En France, certains anciens ont fondé ce qu’on appelle des Equipes de la Foi. Il en existe environ 150. Dans les paroisses, une douzaine de personnes se réunissent autour de la Bible et avec les méthodes apprises ici, creusent la Parole de Dieu, se laissent interpeller par elle. Base de notre enseignement. Ce n’est pas tellement institutionnel, vous savez. Et il restera aussi tout l’héritage des Ecrits de Jacques Loew, les livres, les cassettes, les revues.

Apic: En quoi consiste cette liberté vis-à-vis des textes?

Claude Ducarroz: C’est laisser le texte exprimer ce qu’il veut dire et le comprendre à l’aide des notes dans une bonne Bible. Situer le texte, le travailler suivre sa trace, et après vient l’appropriation C’est une exégèse moderne. L’Ecole de la Foi a été pionnière, c’est sûr, avec une formation qui n’est pas seulement intellectuelle, pas uniquement liturgique, mais aussi humaine. VB

Benoît XVI rencontrera Zapatero le 8 juillet à Valence

Rome, 6 juin 2006 (Apic) Le pape Benoît XVI rencontrera pour la première fois le Premier ministre espagnol, le socialiste Jose Luis Rodriguez Zapatero, dans l’après-midi du jour de son arrivée en Espagne, le 8 juillet 2006. C’est ce qu’a confirmé l’organisation du voyage à l’agence Ansa, le 6 juin 2006. Auparavant, le pape sera reçu par le couple royal d’Espagne. Cette information vient confirmer les propos du nouvel ambassadeur d’Espagne près le Saint-Siège, Francisco Vazquez qui, dans une interview à la télévision nationale Antena 3 le 14 mars 2006, avait déclaré qu’il était probable que Benoît XVI rencontre le Premier ministre Zapatero, le roi Juan Carlos et la reine Sofia lors de son voyage en Espagne. La 5e rencontre mondiale de la famille se tiendra du 1er au 9 juillet 2006 à Valence. La dernière visite d’un pape en Espagne remonte à mai 2003. (apic/imedia/ar/pr)

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