Espagne: La radio COPE, patronnée par les évêques espagnols, suscite la polémique
Madrid, 9 juin 2006 (Apic) La chaîne de radio catholique COPE, patronnée par la Conférence épiscopale espagnole, fait une nouvelle fois parler d’elle. Grâce à son polémiste vedette Federico Jiménez Losantos, qui n’hésite pas à utiliser l’insulte, voire un langage de haine. Cette fois-ci, c’est le maire de Madrid, Alberto Ruiz-Gallardon, membre du parti d’opposition Partido Popular/PP, qui a porté plainte contre l’animateur pour insultes. Ce dernier porte un grave discrédit à l’Eglise espagnole, selon plusieurs évêques.
D’habitude, les cibles préférées de Losantos, directeur du programme «La Manana» de la Cadena COPE, sont les socialistes du Premier ministre José Luis Rodriguez Zapatero et les nationalistes catalans et basques. Il s’en est pris cette fois-ci à une personnalité du «même bord», le maire de Madrid, Alberto Ruiz-Gallardon, une figure centriste. Ce dernier a porté plainte pour injures contre Federico Jiménez Losantos car ces nouvelles déclarations sur sa radio sont une atteinte à l’honneur et à la dignité, et une tentative de porter atteinte à son image publique. Il réclame également des dommages et intérêts qu’il versera intégralement, s’il gagne sa cause, à l’Association des Victimes du Terrorisme (AVT).
Le maire de Madrid a dénoncé les «menaces radicales» et les «insultes brutales» de Federico Jiménez Losantos. Alberto Ruiz-Gallardon a qualifié de «très sérieux et très grave» le fait qu’il a été traité de traître, de personnage sinistre, de bandit, de laquais du gouvernement et de gonflé.
Losantos a même déclaré ce jeudi qu’il était égal au maire de la capitale espagnole qu’il y ait eu 200 morts et 1’500 blessés lors des attentats qui ont frappé Madrid le jeudi 11 mars 2004, pourvu qu’il arrive au pouvoir.
Ruiz-Gallardon a estimé que c’était là l’affirmation la plus brutale entendue durant les plus de deux décennies consacrés à la politique. C’est d’autant plus dur à accepter qu’il a toujours été concrètement aux côtés des victimes du terrorisme, comme dans le cas de l’assassinat par l’ETA du lieutenant colonel Pedro Antonio Blanco Garcia, ou des attentats de Madrid, vécus au premier plan comme maire de la ville.
Jimenez Losantos s’en est également pris au grand journal catholique de droite ABC, à ses yeux «trop modéré», et appelé sur l’antenne de la COPE les lecteurs à se désabonner de ce quotidien. Le ton polémique et extrémiste, voire le langage de haine sur les ondes de la radio des évêques, gêne de plus en plus les prélats espagnols.
Un «taliban des ondes»
Des communautés catholiques populaires et le Comité Oscar Romero de Madrid se sont plaints également des attaques de Federico Jiménez Losantos contre les immigrés en Espagne tout en s’étonnant du silence de la Conférence épiscopale face à certains programmes de la chaîne COPE (Cadenas de ondas populares). La radio apparaît aux yeux de certains comme l’expression «néofranquiste» d’une Espagne centraliste et anticatalane.
Des évêques s’inquiètent des dérives de la COPE. Signis, l’Association catholique mondiale pour la communication, s’en est même fait l’écho. Au sein de l’épiscopat espagnol, des voix commencent également à s’élever contre le ton polémique et insultant utilisé par Jiménez Losantos, 54 ans, qualifié par ses adversaires de «taliban des ondes». (apic/kna/ag/be)
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