Bethléem: Le Caritas Baby Hospital à Bethléem a accueilli un nombre record de patients
Lucerne/Bethléem, 12 juin 2006 (Apic) Les médecins du Caritas Baby Hospital à Bethléem ont accueilli l’an dernier un nombre record de patients, a-t-on appris lors de l’assemblée générale de l’association qui s’est tenue à Fribourg-en-Brisgau. Ce sont pour la première fois plus de 30’000 enfants palestiniens – chrétiens et musulmans – qui ont reçu des soins ambulatoires et stationnaires dans cet hôpital soutenu notamment par les chrétiens de Suisse. Il s’agit du seul hôpital des territoires palestiniens spécialisé dans le traitement des enfants.
Le Caritas Baby Hospital ne survit que grâce à l’association Bethléem-Secours aux enfants. Selon les voeux du fondateur, le prêtre valaisan Ernst Schnydrig, cet hôpital se doit d’être un petit pont parmi les ponts de paix. Fondé en 1952 par le Père Schnydrig, le Caritas Baby Hospital est le seul établissement pédiatrique spécialisé des territoires palestiniens, où vivent un demi million d’enfants de moins de 4 ans
L’oeuvre fondée par Ernst Schnydrig pour venir en aide aux civils victimes de la première guerre israélo-arabe, qui a provoqué les premières vagues de réfugiés palestiniens, a été dès le départ une activité soutenue conjointement par les catholiques suisses (collecte de la nuit de Noël) et allemands. L’association «Bethléem-Secours aux enfants», fondée comme organisation autonome en 1963, est née de l’aide que Caritas Suisse accorde dès 1949 aux réfugiés palestiniens.
En 1971, l’oeuvre se détache de Caritas Suisse pour devenir indépendante, mais Caritas Suisse et Caritas Allemagne continuent cependant à être représentées au sein de l’association. Des diocèses allemands sont également partenaires, ainsi que diverses autres institutions religieuses ou laïques, et de nombreux particuliers.
Ce chiffre de 30’000 enfants qu’a soignés l’hôpital reflète la misère croissante en Palestine, qui ne pourrait garantir l’accès des enfants aux soins médicaux de base sans l’aide venue de l’extérieur, a déclaré lors de l’assemblée générale la doctoresse Hiyam Marzouqa, nouveau médecin chef du Caritas Baby Hospital.
La délégation venue de Bethléem a confirmé la situation dramatique dans laquelle vit la population palestinienne encerclée par le haut mur érigé par les Israéliens, qui l’enferme comme dans un ghetto.
La santé est de plus en plus un luxe pour les Palestiniens
Le Dr Michael Sansur, psychologue, a ainsi décrit le stress croissant que subissent ceux qui vivent dans la ville qui a vu naître Jésus. Le sentiment d’enfermement, qui génère de la violence, ainsi que l’impression qu’il n’y a plus de futur sont pour le Dr Sansur des causes importantes des agressions que les adultes dirigent de plus en plus souvent contre eux-mêmes ou contre leur famille.
La situation économique de la ville sainte, qui vit essentiellement du tourisme, est angoissante et se détériore rapidement. Edward Dabdoub, l’administrateur de l’hôpital, relève que Bethléem se trouve en situation de «ni guerre ni paix». Dans ces circonstances, la Palestine ne peut pas se développer à partir de ses propres forces, insiste-t-il. Les dépenses pour les soins de santé ne sont plus depuis longtemps au haut de la liste des priorités dans la plupart des familles, admet-il, tant la lutte pour la survie quotidienne a pris le dessus. La santé devient ainsi de plus en plus un luxe, explique Edward Dabdoub.
Nouveau bureau à Fribourg
Avec l’ouverture il y a deux ans d’un bureau à Fribourg, «Bethléem-Secours aux enfants» s’est donné pour tâche d’intensifier le contact avec ses amis et donateurs de Suisse romande. Nicolas Betticher, chancelier de l’évêché à Fribourg, et membre du comité directeur de «Bethléem-Secours aux enfants», en a la co-responsabilité avec Monique Tinguely, qui tient le secrétariat. Tous deux sont les répondants des donateurs en Suisse occidentale, une région historiquement très liée à l’oeuvre du Père Ernst Schnydrig. (apic/com/be)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse