Suisse: Les trois Eglises de Zurich dénoncent la révision de la loi sur l’asile
Zurich, 14 juin 2006 (Apic) La révision de la loi sur l’asile est uniquement centrée sur la lutte contre les abus, critiquent les responsables des trois Eglises reconnues de droit public dans le canton de Zurich. Dans leur message à l’occasion du dimanche des réfugiés, qui tombe cette année le 18 juin, elles rejettent les nouvelles dispositions.
De même à Genève, les trois Eglises – catholique romaine, catholique chrétienne et protestante – appellent à voter non le 24 septembre prochain à la révision de la loi sur l’asile et à la nouvelle loi sur les étrangers.
Les Eglises genevoises estiment que ces deux textes contiennent des dispositions qui vont à l’encontre du respect de la dignité de la personne humaine. Elles soulignent qu’il s’agit d’une valeur fondamentale qu’elles veulent contribuer à défendre. Face à ce «choix de société crucial», elles descendent dans l’arène politique et appellent donc à voter non le 24 septembre, afin que «l’ouvrage soit remis sur le métier».
Un «choix de société crucial»
Quant à leurs homologues zurichoises, elles regrettent que le Parlement fédéral n’ait pas pris en compte les réserves exprimées par les Eglises et les oeuvres d’entraide. La majorité du Conseil national et du Conseil des Etats a décidé d’adopter une législation particulièrement restrictive.
Dans leur prise de position, les Eglises du bord de la Limmat relèvent que les chambres fédérales n’ont pas mis au premier plan la protection des personnes persécutées, mais la lutte contre les abus, dans un but calculé de dissuasion. C’est la raison pour laquelle elles qualifient les nouvelles législations d’unilatérales et de disproportionnées. Elles rappellent que depuis des siècles, s’engager pour les réfugiés qui ont besoin de protection fait partie des tâches centrales des Eglises.
Quelques améliorations pour beaucoup de péjorations
Dans leur appel, les Eglises de Genève, bien qu’elles voient dans ces lois quelques améliorations, telles que l’élargissement de l’aide au retour ou un accès plus facile au travail pour les personnes admises à titre provisoire, soulignent certains dangers. Ainsi l’exigence de présentation d’une pièce d’identité dans les 48 heures pour la seule prise en considération d’une demande «paraît arbitraire et susceptible d’entraîner des décisions erronées».
De plus, étendre à toutes les personnes déboutées de l’asile un régime d’aide d’urgence – déjà appliqué aux requérants frappés d’une non-entrée en matière (NEM) – revient, aux yeux des Eglises, à faire peu de cas de la détresse dans laquelle on plonge ces personnes. Les Eglises genevoises considèrent également qu’aggraver les mesures de contrainte, qu’elles avaient déjà contestées lors de leur introduction en 1994, «c’est rendre encore plus disproportionnées des peines par ailleurs souvent inefficaces et toujours coûteuses».
Ensuite, limiter le regroupement familial – ce qui en soi déjà porte atteinte à un droit fondamental – réduit également les chances d’intégration des étrangers. Des menaces de sanctions plus lourdes contre ceux qui manifestent leur solidarité envers les étrangers en situation irrégulière font porter aux Eglises – souvent en première ligne dans ce combat – le poids d’un «héroïsme» que l’on pouvait espérer dépassé, écrivent les président/es des Eglises genevoises. Qui déclarent finalement que la nouvelle loi sur les étrangers «ne règle en aucune manière la douloureuse situation des travailleurs et travailleuses sans statut légal, les fameux «sans papiers». (apic/com/be)
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