Pékin: Le Vatican et la Chine tentent de nouer des relations
Hongkong, 19 juin 2006 (Apic) Le cardinal Zen a confirmé l’existence de pourparlers à Pékin entre le Vatican et la Chine, en vue de normaliser leurs relations, a indiqué lundi le cardinal de Hongkong, Joseph Zen, cité par l’Agence France presse.
Le cardinal a qualifié les pourparlers de «percée». Ce qui montre, selon lui, que la normalisation diplomatique entre l’Eglise et Pékin reste à l’ordre du jour, malgré l’ordination de trois évêques, le mois dernier par l’Eglise officielle chinoise, sans la consultation préalable du Saint-Siège.
«Nous pensions que cela aurait pu geler les discussions mais il semble dorénavant que les deux parties soient déterminées à oeuvrer dans ce but (normaliser les relations). C’est une bonne nouvelle», a déclaré le cardinal. Mgr Zen n’a pas été en mesure de préciser depuis quand les négociations avaient lieu.
Depuis le début de son pontificat, le pape Benoît XVI aspire à normaliser les relations avec la Chine, rompues à l’initiative de Pékin au début des années 1950. L’archevêque de Hongkong, créé cardinal par Benoît XVI lors du premier consistoire de son pontificat, le 24 mars 2006, n’a jamais caché ses critiques contre Pékin. Dans une récente déclaration faite à Rome, il avait demandé à Pékin «la liberté et la démocratie, car les citoyens chinois doivent pouvoir choisir leur foi».
La peur du gouvernement
Revenant sur les trois dernières nominations épiscopales effectuées par les autorités chinoises sans l’aval du Saint-Siège, le cardinal Zen a estimé qu’il ne s’agissait pas d’une réaction contre sa nomination comme cardinal. Cela lui semblerait «disproportionné». «Personnellement, je pense qu’il s’agit d’une épreuve de force, d’une tentative pour faire voir que le gouvernement contrôle l’Eglise», a-t-il estimé. «En réalité, les Chinois font toujours plus référence au Saint-Siège: 85% des évêques de l’Eglise officielle ont demandé et obtenu d’être reconnus par Rome», a-t-il rappelé.
Ceci «fait peur» au gouvernement estime encore le cardinal Zen. C’est pourquoi «des pressions injustes» sont exercées sur le clergé «qui n’a pas beaucoup le choix». «La démocratie est indissolublement liée à la défense des droits des groupes les plus faibles de la société, à la recherche d’une société égale. C’est un engagement auquel nous ne pouvons pas et nous ne voulons pas nous soustraire», a-t-il encore affirmé.
Dans les années 1990, le Saint-Siège et la Chine avaient déjà entamé des négociations, mais ces discussions avaient été suspendues durant plusieurs années après l’ordination par Pékin de cinq évêques sans l’aval du pape. La Chine compte peut-être quinze millions de catholiques divisés entre une minorité appartenant à l’Eglise officielle et reconnue par l’Etat, dite «patriotique» pour avoir fait allégeance au gouvernement de Pékin et placée sous l’égide de l’Association patriotique des catholiques de Chine (APCC), et une Eglise non officielle, dite «clandestine», fidèle au Vatican, qui revendique une dizaine de millions de croyants. La Chine dispose de 97 diocèses, mais plus d’une quarantaine n’ont pas d’évêques, et les autres étant souvent âgés. (apic/ag/arch/pr)
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