Zimbabwe: Les coûts de la santé explosent
Harare, 23 juin 2006 (Apic) Augmentation des coûts de la santé au Zimbabwe: la population se tourne chaque jour un peu plus vers les plantes, la phytothérapie, mais aussi vers les hôpitaux de missions.
La population urbaine du Zimbabwe, qui par le passé n’avait qu’à faire quelques mètres à pied pour atteindre la clinique locale ou l’hôpital public le plus proche, se traînent désormais en masse vers les hôpitaux de mission des régions rurales, où les coûts sont plus bas et les services de meilleure qualité.
«Il est vrai que de plus en plus de gens vont se faire soigner dans des hôpitaux de campagne, en particulier dans les établissements de mission», a confirmé à l’Agence oecuménique ENI Fambai Musoni. Ce dernier venait de faire 150 kilomètres pour se faire soigner d’une affection au ventre dans un hôpital de mission.
«J’ai choisi de payer les 200’000 dollars zimbabwéens (environ 2 dollars) de bus pour aller à l’hôpital de la Howard Mission, mais cela en valait le coup et c’est bien moins cher que d’aller dans un hôpital en ville en ce moment».
A mesure que les coûts de santé au Zimbabwe continuent de grimper avec l’inflation galopante, un grand nombre de personnes recherchent la médecine des plantes quand.
Dans les paroisses urbaines pauvres, on voit souvent des religieuses catholiques vendre toutes sortes de plantes, de l’ail au moringa, une «plante miraculeuse» censée atténuer la douleur et soigner certains symptômes chez les personnes vivant avec le VIH/SIDA.
Le prêtre Conrad Chibango, de la Conférence épiscopale du Zimbabwe, cité par le journal «The Daily Mirror», confirme d’ailleurs que l’Eglise du Zimbabwe encourage l’utilisation de plantes et d’autres médicaments traditionnels qui avaient souvent été dénigrés par les chrétiens conservateurs. A Chinhoyi, une ville du nord du Zimbabwe, un groupe de religieuses a organisé un club, où elles cultivent différentes herbes, les emballent puis les vendent.
L’interprétation du gouvernement
L’inflation au Zimbabwe a atteint en mai le taux record de plus de 1’193% en une année, selon les déclarations, début juin, de l’agence centrale du gouvernement pour la statistique. Les coûts de la santé grimpent en flèche et sont désormais inaccessibles pour un grand nombre de personnes, tandis que de nombreux hôpitaux publics connaissent des pénuries de médicaments et sont souvent en état de délabrement.
Une commission parlementaire a rapporté en mai que les réserves des pharmacies publiques étaient très réduites, avec seulement 50 % de certains médicaments disponibles en stock.
Le gouvernement affirme de son côté que la situation résulte des sanctions ciblées imposées au pays il y a quatre ans par certaines puissances occidentales, du manque de devises étrangères permettant d’importer des médicaments et des vols commis par le personnel hospitalier. (apic/eni/pr)
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