Rome: La présidente des Philippines remet un cadeau à Benoît XVI
Rome, 26 juin 2006 (Apic) La présidente des Philippines, Gloria Macapagal Arroyo, a remis à Benoît XVI le texte abrogeant la peine de mort dans l’archipel. Elle était reçue en audience par le pape dans la matinée du 26 juin 2006.
Gloria Arroyo, la présidente des Philippines, est en tournée diplomatique en Europe, après avoir ratifié le 24 juin la loi abrogeant la peine de mort dans son pays. Après s’être entretenue pendant 20 minutes en tête-à-tête avec le pape, la présidente des Philippines a présenté les 12 personnes de sa suite au souverain pontife, dont l’une de ses petites-filles prénommée Eva. Gloria Macapagal Arroyo effectuait sa 4e visite au Vatican. En 1964, elle y avait déjà accompagné son père, alors président, et rencontré Paul VI (1963-1978). Elle avait aussi rendu visite à Jean-Paul II.
Elle a ensuite remis au pape deux cadeaux : une statue de la Vierge du 16e siècle, souvenir de la colonisation espagnole ainsi que le texte de la loi abrogeant la peine de mort signée deux jours plus tôt. Ce sont « deux expressions de la foi du peuple philippin », a-t-elle déclaré au souverain pontife, visiblement satisfait.
Dans une déclaration, le directeur de la Salle de presse du Saint-Siège, Joaquin Navarro-Valls, a indiqué que, durant la rencontre, la présidente philippine avait « exposé au pape la nouvelle loi abolissant la peine de mort ». La présidente lui a aussi présenté « le projet de réforme de la constitution qui vise à un développement plus harmonieux du pays, en réservant une attention particulière aux catégories les plus pauvres de la population », a encore déclaré Joaquin Navarro-Valls.
Durant la rencontre, ont en effet aussi été abordées « les perspectives favorables de dialogue avec la population musulmane du pays et l’espérance d’une pacification nationale ». Enfin, Gloria Macapagal Arroyo a expliqué « que les valeurs chrétiennes, dans lesquelles se reconnaissent la majorité des Philippins, trouvent expression et soutien dans la législation du pays ». Pays à grande majorité catholique (83 %), les Philippines comptent aussi près de 9 % de protestants, un peu plus de 5 % de musulmans et 3 % de bouddhistes.
Après son audience avec Benoît XVI, la présidente catholique a rencontré le cardinal secrétaire d’Etat, Angelo Sodano, avant de se rendre sur la tombe de Jean-Paul II pour s’y recueillir.
La Constitution philippine de 1987 avait aboli la peine de mort, mais le Congrès l’avait rétablie en 1993 pour certains crimes, notamment les meurtres, viols sur enfant ou enlèvements. Après son arrivée au pouvoir, en 2001, Gloria Arroyo n’avait jamais autorisé l’exécution de condamnés à mort. Puis, une loi récemment adoptée par le Sénat avait commué les 1200 condamnations à la peine capitale en peines de prison à vie. Enfin, le Congrès a approuvé la loi abolissant la peine de mort, malgré les protestations des militants anti-crime, pour qui la présidente aurait précipité son adoption « pour satisfaire le pape ».
Aujourd’hui, dans le monde, quelque 70 pays ou territoires n’ont pas aboli la peine de mort. Parmi eux, l’Autorité nationale palestinienne (ANP), la Chine, les deux Corées, les Etats-Unis ou le Japon. (apic/imedia/hy)
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