Pour une structure ecclésiale anglicane à double voie

Londres: L’archevêque de Canterbury cherche à éviter le schisme par la rupture

Londres, 28 juin 2006 (Apic) Au vu du schisme qui menace toujours plus sérieusement la Communion anglicane, l’archevêque de Canterbury propose une structure ecclésiale à double voie. A côté de membres « constitutifs », à savoir les Eglises nationales en pleine communion avec la doctrine et la politique anglicane universelle, siégeraient des membres « associés ».

L’archevêque Rowan Williams, ne sachant comment éviter totalement le schisme dans la Communion anglicane, a présenté à Londres cette solution de double voie dans un document de réflexion.

Sa démarche a été rendue nécessaire par les décisions prises dans des Eglises anglicanes des Etats-Unis et du Canada en faveur de la nomination d’évêques homosexuels et de la bénédiction de couples de même sexe. Ces mesures ont été considérées par des communautés plus conservatrices, en Afrique et en Asie notamment, comme un schisme dans la Communion anglicane.

Le Primat anglican Rowan Williams, sans nommer explicitement les Eglises épiscopaliennes (anglicanes), a affirmé que sa patience était maintenant au bout. Il n’y a en fait « aucune chance pour que l’unité des Eglises anglicanes reste intacte avec les derniers événements ». L’Eglise épiscopalienne des Etats-Unis a refusé, le 20 juin, de renoncer aux ordinations d’évêques homosexuels, avant de lancer un appel à ses diocèses, le lendemain, pour demander toutefois de les restreindre.

Membres associés avec voix consultative

Selon le modèle proposé par l’archevêque de Canterbury, les membres « associés » ne participeraient plus qu’avec voix consultative aux organes de décision au niveau mondial. Leur relation avec la Communion anglicane serait alors semblable à celle des Eglises méthodistes. Des experts voient dans ce schéma un « schisme effectif ». Une modification de la Constitution de la Communion anglicane, nécessaire pour modifier le statut des membres, nécessiterait plusieurs années et le vote des 164 Eglises nationales.

Les milieux conservateurs ont salué le concept de l’archevêque de Canterbury. Les franges plus libérales se sont montrées plus sceptiques, voire fortement opposées. Le primat canadien Andrew Hutchinson a affirmé dans le quotidien « The Guardian » du 28 juin que le projet était à même d’alléger une collaboration devenue difficile. Mais il a exprimé son opposition au fait d’exclure certaines Eglises ou de les remettre à l’ordre. (apic/kna/gs/bb)

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