Lucerne: Plus de 40 femmes demandent un recomposition du Conseil suisse des religions
Lucerne, 28 juin 2006 (Apic) Une quarantaine de femmes, chrétiennes, juives et musulmanes, ont demandé que le Conseil suisse de religions soit recomposé. Elles signé une lettre de protestation en vue d’une représentation équitable entre hommes et femmes.
L’appel est signé d’éminentes théologiennes ou représentants des différentes appartenances religieuses, comme la présidente de la ligue suisse des femmes catholiques Verena Bürgi-Burri et plusieurs professeurs de Facultés de théologie.
La fondation du Conseil suisse des religions, en mai à Berne, a été accueillie « avec une vive acclamation ». La composition du comité de six personnes, qui a rassemblé les principaux dirigeants des trois religions monothéistes de suisse, a été décrit comme un « moment historique », soulignent les auteurs de l’appel. Les 40 femmes signataires relèvent toutefois « qu’il s’agit d’un comité uniquement masculin dans lequel les femmes ne sont absolument pas représentées ».
Le pasteur Thomas Wipf, président de la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS) et initiateur du projet, regrette cette lacune et souligne que pour lui une représentation équitable entre hommes et femmes est d’une nécessité évidente. Il rappelle que le Conseil suisse des religions, qui rassemble des responsables religieux, a pour mission d’être un partenaire de dialogue avec les autorités fédérales et de contribuer au maintien de la paix religieuse dans le pays.
Les femmes signataires de l’appel relèvent que le dialogue interreligieux est l’affaire de toutes les personnes concernées dans le pays. Elles soulignent également que le pasteur Wipf n’a entrepris aucune réflexion sur la composition du comité et sur une représentation équitable entre les sexes.
Vive protestation des femmes signataires
Dans leur document, la quarantaine de signataires relèvent que le travail de base aux niveaux religieux et interreligieux est effectué en majorité par des femmes, alors que « dans les organes de décision siègent en majorité des hommes, qui représentent officiellement leur religion ». « Nous, femmes en activité dans le domaine religieux et le dialogue interreligieux, issues des trois communautés religieuses et de différentes confessions, protestons avec force contre la composition unilatérale de ce comité si important pour la Suisse », lancent notamment les signataires dans leur appel.
Parmi les signataires figurent entre autres Béatrice Bowald, théologienne et femme de contact de la Société européenne pour la recherche catholique des femmes, Doris Brodbeck, pasteure, Verena Bürgi-Burri, présidente de la ligue suisse des femmes catholiques, Denise Buser, professeur titulaire à l’Université de Bâle, Marlies Dellagiacoma, théologienne et prêtre catholique-chrétienne, Amira Hafner-Al Jabaji, chercheuse musulmane et formatrice d’adultes, Carmen Jud, théologienne et responsable de projet au synode suisse des femmes, Silvia Schroer, professeur d’Ancien-Testament à Berne, Laila Sheikh, De l’équipe de rédaction de « Z’Visite » (publication interreligieuse) et Regula Strobel, présentatrice de Wort-zum-Sonntag sur la chaîne SF1. (apic/com/gs/bb)
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