Collaboration entre organisations ecclésiastiques cantonales

Suisse: Assemblée plénière de la Conférence centrale catholique romaine de Suisse (RKZ)

Liestal/Bâle-Campagne, 2 juillet 2006 (Apic) L’Eglise revêt une grande importance pour l’Etat et la société, a reconnu Adrian Balmer, directeur des finances et des affaires ecclésiastiques du canton de Bâle-Campagne. Le conseiller d’Etat radical a défendu la nécessité pour l’Eglise de suivre de près les signes des temps sans pour autant s’adapter à l’esprit du temps, à l’occasion de l’assemblée plénière de la Conférence centrale catholique romaine de Suisse (CCCRS/RKZ), qui s’est tenue les 23 et 24 juin à Liestal.

Invitée par le conseil exécutif de l’organisation ecclésiastique cantonale de Bâle-Campagne (Kirchenrat), la Conférence centrale catholique romaine de Suisse a tenu son assemblée plénière sous la direction de sa présidente, Gabriele Manetsch (BS). Les délégués des organisations ecclésiastiques cantonales ont été accueillis par le président de l’Eglise cantonale, Peter Zwick, ainsi que par le conseiller d’Etat Adrian Balmer, directeur des finances et des affaires ecclésiastiques.

Dans son allocution, ce dernier a relevé que la chance des corporations de droit public ecclésiastique réside dans le fait qu’elles sont en dialogue permanent avec la société. Cependant, elles ne sauraient garantir leur pérennité sans tenir compte de l’évolution politique. La Conférence centrale a également accueilli Mgr Kurt Koch, évêque de Bâle, en qualité d’invité. Ce dernier a remercié la RKZ, au nom des autres évêques suisses, pour son travail.

Projet «Conférence centrale 2015»

Dans le cadre de l’assemblée plénière, les délégués ont approuvé le projet intitulé «Conférence centrale 2015». Le but de cette réflexion est de donner plus de force obligatoire aux liens de collaboration entre les organisations ecclésiastiques cantonales, de réviser les structures de la Conférence centrale ainsi que de clarifier quelles sont ses tâches fondamentales et celles de son secrétariat. En outre, un concept en matière de communication devra être développé et un management de la qualité mis en place dans le domaine important du cofinancement des tâches de l’Eglise catholique à l’échelon suisse.

Cette nouvelle étape dans le développement de la Conférence centrale – laquelle fêtera en 2006 le 35e anniversaire de sa fondation – sera menée à bien en dialogue avec la Conférence des évêques suisses (CES) et dans le respect des caractéristiques propres des organisations ecclésiastiques cantonales et de leurs intérêts. Le projet sera conduit par un groupe de pilotage placé sous la direction de Karl Vogler (OW). Selon le planning, le travail entrepris devrait durer deux bonnes années.

Création d’un fonds pour le financement de projets et d’innovations

Le financement des activités de l’Eglise menées à l’échelon suisse se heurte souvent à de graves difficultés, relève la Conférence centrale, alors que face à un monde caractérisé par des mutations rapides, le lancement de projets et d’initiatives novatrices revêt justement une importance croissante. Aussi, la Conférence centrale a-t-elle décidé d’instituer en 2007 un fonds pour le financement de projets et d’innovations. Celui-ci sera doté dans un premier temps d’un montant de Fr. 100’000.– par an, alloué par les organisations ecclésiastiques cantonales. A moyen terme, il est cependant prévu d’accroître les fonds disponibles en recourant à d’autres sources: prélèvements dans les finances de la Conférence centrale, versements extraordinaires des organisations ecclésiastiques de droit public à l’échelon cantonal ou communal, allocations d’autres institutions, etc.

Relèvement des contributions cantonales à la Conférence centrale

S’agissant des contributions qui seront versées par les organisations ecclésiastiques cantonales à la Conférence centrale pour 2007, il a été décidé d’en recommander le relèvement par rapport à l’année précédente. Ainsi, dans le prochain budget du crédit du cofinancement, le total prévu sera augmenté de Fr. 200’000.– pour atteindre Fr. 6,1 millions, grâce à quoi le renchérissement cumulé pourra être compensé. Au cours de la discussion, il a été souligné que les institutions actives à l’échelon suisse et des régions linguistiques doivent être mieux dotées financièrement.

Toutefois, dans le même temps, plusieurs délégués à la Conférence centrale ont laissé clairement entendre que les corporations ecclésiastiques cantonales, respectivement les diocèses qu’ils représentent ne seront guère en mesure de verser les prestations supplémentaires attendues, compte tenu de leur situation financière.

Diminution du produit de la collecte de l’Action de Carême

Par ailleurs, le cofinancement se heurte à une autre difficulté dont la cause est imputable à la diminution du produit de la collecte de l’Action de Carême. Les incidences de ce recul sont telles que, malgré les efforts constants de la Conférence centrale de mettre à disposition des sommes plus importantes, la situation financière demeure toujours aussi précaire.

Dans le cadre des décisions relatives au cofinancement pour 2006, la Conférence centrale a pris connaissance de l’avancement de la mise en oeuvre du rapport «PaPriKa» et des nombreuses questions toujours ouvertes concernant l’organisation et le financement des tâches de l’Eglise à l’échelon de la Suisse et des régions linguistiques.

Affectation de subsides du cofinancement pour l’année en cours

Le fréquent renvoi à plus tard d’adaptations structurelles donne plus particulièrement lieu à des préoccupations. Cela dans la mesure où il restreint fortement la marge de manoeuvre pour des augmentations de subsides indispensables ou la prise en charge de nouvelles tâches importantes. Ainsi court-on un double risque, à savoir, d’une part, le blocage de la poursuite du développement de maintes institutions actives à l’échelon de la Suisse et des régions linguistiques pour cause de stagnation des finances, de résistances aux changements et d’attentes impossibles à satisfaire et, d’autre part, l’incapacité de soutenir financièrement davantage celles qui en auraient absolument besoin.

Pour éviter cet écueil et allouer les moyens financiers disponibles réellement en conformité avec les priorités pastorales, la Conférence des évêques suisses, l’Action de Carême et la Conférence centrale ont institué une Commission paritaire de planification et de financement. Pour les organisations en charge du cofinancement que sont l’Action de Carême et la Conférence centrale, il est essentiel que les décisions pastorales de la CES, de la DOK et de la COR soient durablement mieux coordonnées avec celles de nature financière prises par elles.

L’enseignement confessionnel et la neutralité religieuse de l’école

Au cours de la partie thématique de l’assemblée plénière, le professeur Adrian Loretan, de l’Université de Lucerne, a présenté un exposé consacré aux évolutions qui caractérisent le statut juridique et la conception de l’enseignement religieux dispensé dans le cadre scolaire. Le professeur a insisté sur la diversité des modèles en Suisse, laquelle est la conséquence directe des différences de régime juridique d’un canton à l’autre. Il a souligné que les garanties juridiques, si solides soient-elles, ne sauraient assurer à elles seules l’avenir de l’enseignement religieux à l’école.

Au vu de la forte pression à laquelle est soumis l’enseignement religieux sous l’angle de sa légitimité, les Eglises et autres communautés religieuses sont appelées à affirmer la mission qui est la leur en matière de formation. Une mission qu’elles doivent remplir en tenant compte de la diversité des données socioreligieuses et en se pliant à des exigences formelles appropriées. En outre, a-t-il encore relevé, l’enseignement de la religion implique de la part des communautés religieuses qu’elles acceptent de collaborer avec l’Etat, compte tenu du cadre juridique et du contexte social. (apic/cccrs/rkz/com/be)

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