Des banderilles seront plantées de part et d’autre

Espagne: La visite du pape tombe un an après la législation du mariage homosexuel

Valence, 7 juillet 2006 (Apic) Les mouvements homosexuels vont marquer la visite du pape, les 8 et 9 juillet à Valence, par deux unions civiles. Les mariages entre personnes de même sexe, légalisées depuis une année, attisent les tensions en Espagne, où des gestes de protestation de tous bords sont annoncés. Le chef du gouvernement Zapatero accueillera le pape, s’entretiendra avec lui, mais ne participera pas à la messe que présidera Benoît XVI dimanche.

C’est « en signe de la diversité familiale » que deux couples homosexuels se diront « oui », samedi à Valence devant le maire. « Nos mariages doivent également être compris comme des protestations contre les protestations de l’Eglise à l’égard des formes de familles qui ne correspondent pas à l’image ecclésiale traditionnelle », a affirmé jeudi à Valence Luisa Notario, du mouvement homosexuel « Collectif Lambda ». Elle célébrera en même temps qu’un couple d’hommes son union le 8 juillet, juste un an après la légalisation du mariage homosexuel par le gouvernement espagnol de Zapatero.

L’Eglise catholique s’est toujours opposée à la loi sur les unions civiles entre personnes de même sexe, lesquelles prennent en Espagne la même forme qu’un mariage traditionnel. A l’occasion de la Ve rencontre internationale des familles, du 1er au 9 juillet à Valence, plusieurs évêques ont appelé à refuser ces « lois injustes ». Dans les stands installés dans les rues de Valence, des signes d’opposition au mariage homosexuel apparaissent ça et là, comme les trois statues de Marie, Joseph et Jésus, à côté desquelles est écrit « SOS familia », du nom d’une association farouchement opposée au mariage gay, au divorce, à l’avortement, à la contraception et à l’euthanasie. Le vice-président de la conférence épiscopale, le cardinal Antonio Cañizares, a souhaité pour sa part que la visite papale serve à « favoriser des changements législatifs ».

Banderoles d’opposition sur les fenêtres et balcons

Sur les fenêtres et balcons des maisons de la ville, relève l’agence AFP, des opposants à la visite du pape afficheront une banderole où il est écrit « Je ne t’attends pas ». Le collectif à l’origine de la campagne, composé d’organisations laïques, chrétiennes, athées, de femmes, de gays et lesbiennes, de lutte contre le sida, etc., affirme avoir vendu 5’700 de ces affiches.

Dans un quartier situé près de la cathédrale, à la rue Turia, les voisins expriment leurs convictions par drapeaux et panneaux interposés, en affichant pour les uns les couleurs jaune et blanche du Vatican et pour les autres le blanc et le rouge de la contestation, où la mitre du pape est dessinée au centre d’un panneau de signalisation de danger. Aucune manifestation dans les rues n’est prévue par le collectif d’opposition au pape. Un autre groupe a en revanche lancé sur internet l’idée d’un déploiement de « cyclo-nudistes » samedi.

Zapatero non présent à la messe du pape

Par ailleurs, le chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, au centre des controverses sur le mariage homosexuel, n’assistera pas à la messe du pape à Valence, annonce le 7 juillet l’agence AFP, reprenant un communiqué de l’exécutif espagnol. Il accueillera Benoît XVI samedi à 11h30 à l’aéroport de Valence, puis s’entretiendra avec lui vers 18h30 au palais de l’archevêché. La délégation du gouvernement présente à la messe sera constituée du ministre des Affaires étrangères et du ministre de la Justice, chargé en Espagne des relations entre le gouvernement et l’Eglise. (apic/kna/ag/bb)

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