AI pour durcir la loi sur les armes

Suisse: Chaque jour un suicide par arme à feu en Suisse

Berne, 13 juillet 2006 (Apic) Chaque jour en moyenne, une personne se tue en Suisse avec une arme à feu, et la tendance est à la hausse, indique la section suisse d’Amnesty international. Selon qui, il faut durcir la loi sur les armes.

« On pourrait sauver bien des vies en prenant des mesures de prévention contre le suicide. La toute première chose à faire serait de restreindre l’accès aux armes à feu », a déclaré jeudi à Berne Hans Kurt. De concert avec des représentants des victimes, de la politique et d’Amnesty International, le président de la Société suisse de psychiatrie et psychothérapie SSPP a réclamé l’introduction d’un registre des armes, d’une clause du besoin pour la détention d’armes et d’une interdiction de garder les armes d’ordonnance chez soi. Cela permettrait, dit-il, d’éviter beaucoup de violences et de souffrances inutiles.

On estime que 2 millions d’armes à feu environ sont en circulation en Suisse. Des armes d’ordonnance se trouvent dans la plupart des ménages. Par ailleurs, la Suisse se distingue par un taux élevé de suicides. Avec près de 1500 cas par an, le suicide tue davantage que la route, la drogue et le sida réunis dans le pays. La méthode la plus utilisée est le suicide par arme à feu. Ainsi, 36% des hommes qui se suppriment le font de cette manière. Et près d’un sur deux utilise son arme d’ordonnance, ajoute le Dr Kurt.

Les armes à feu n’ont pas leur place à la maison

« Les armes et les munitions n’ont par principe pas leur place à la maison », a dit jeudi à Berne Liz Isler, du comité du groupe d’entraide bâlois Forum pour les victimes d’actes violents. Sont touchées par la violence non seulement les victimes directes mais aussi beaucoup de proches. Il ne s’agit pas seulement de donner un visage à ces victimes, mais aussi de montrer toute l’absurdité de cette violence – et la responsabilité de la politique, qui devrait d’urgence prendre les mesures de prévention adéquates, souligne Liz Isler.

L’exemple de Zoug

« L’auteur de l’attentat de Zoug a pu acquérir en toute légalité un fusil à pompe, un fusil d’assaut, un pistolet et un revolver. Si un registre des armes avait existé, la police aurait découvert lors de la procédure d’octroi du permis d’acquisition combien d’armes se trouvaient déjà en sa possession », a pour sa part déclaré le directeur zougois de la sécurité Hanspeter Uster. Les armes de chasse et de sport doivent aussi faire l’objet d’un permis: le meurtrier de Zoug avait été membre d’une société de tir.

Comme l’a relevé le conseiller national Paul Günter, alors que le Conseil des Etats vient de rater l’occasion de combler les lacunes de la loi sur les armes, les espoirs reposent désormais sur le National. « Je ne comprends pas pourquoi l’Etat, qui sait à peu près tout de moi, se fiche de savoir si je possède des armes à feu », ajoute Paul Günter, qui demande de marquer et d’enregistrer les armes, et de diminuer leur nombre par une grande action de ramassage. Les armes d’ordonnance ne devraient plus être remises aux soldats.

Deux poids deux mesures

Sur le plan international, la Suisse a contribué à l’adoption en 2001 du Plan d’action sur les armes légères et de petit calibre de l’ONU, un plan qui recommande aux pays membres d’introduire un registre central des armes, a rappelé le Secrétaire général de la Section suisse d’Amnesty international Daniel Bolomey. « Ainsi, la Suisse est en train de prôner sur la scène internationale une mesure qu’elle rechigne à concrétiser à l’intérieur de ses frontières ». En Suisse, a-t-il assuré, pour se procurer les armes les plus dangereuses, il suffit d’avoir dix-huit ans et d’être sans antécédents judiciaires. « Or, on sait bien que le crime passionnel n’est pas l’apanage des repris de justice ». Raison pour laquelle Amnesty International est favorable à la clause du besoin pour l’acquisition d’armes par des particuliers. (apic/com/pr)

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