Le Saint-Siège déplore les déclarations du prélat sur le célibat

Rome: Le feuilleton de Mgr Milingo refait surface

Rome, 13 juillet 2006 (Apic) Le Saint-Siège a déploré les déclarations que Mgr Emmanuel Milingo, ancien archevêque de Lusaka (Zambie), aurait tenues, le 11 juillet 2006, lors d’une conférence de presse à Washington (Etats-Unis) en faveur du mariage des prêtres. C’est ce qu’indique une déclaration du Bureau de presse du Saint-Siège, le 12 juillet.

« Le Saint-Siège n’a pas encore reçu d’informations précises sur la finalité du voyage aux Etats-Unis d’Amérique de Mgr Emmanuel Milingo », peut-on lire dans ce communiqué. « En tout cas, si les déclarations qui lui ont été attribuées relatives au célibat ecclésiastique s’avèrent exactes, elles ne seraient que déplorables, étant donné la discipline de l’Eglise à ce sujet », conclu le communiqué.

Mgr Milingo avait disparu depuis le 20 juin de sa résidence de Zagarolo, près de Rome. Il est réapparu le 11 juillet à Washington au cours d’une conférence de presse au National Press Club de la capitale fédérale. Il aurait alors réclamé la « liberté » pour les prêtres de pouvoir se marier et aurait admis avoir repris contact avec la secte Moon. Il aurait aussi avoué être de nouveau en compagnie de Maria Sung qu’il considèrerait comme sa femme « jusqu’à ce que la mort (les) sépare ».

Selon la presse à Lusaka, le gouvernement zambien avait demandé au Vatican des éclaircissements pour savoir où se trouvait Mgr Emmanuel Milingo. Des médias de Lusaka rapportant en effet que le prélat zambien avait « disparu de sa résidence romaine ».

Le mariage puis la séparation entre l’archevêque zambien et cette médecin adepte de la secte Moon avait constitué le feuilleton de l’été 2001 en Italie: d’un côté Mgr Emmanuel Milingo, 76 ans suivi depuis des années par des milliers de fidèles troublés par ses dons d’exorciste, de l’autre Maria Sung, une coréenne de 48 ans choisie par le révérend Moon pour devenir l’épouse de l’archevêque. Le 27 mai 2001, les noces étaient célébrées en grande pompe à New York. Menacé d’excommunication, Mgr Milingo réapparaissait le 6 août à Castelgandolfo, la résidence d’été des papes. Jean Paul II le recevait le lendemain matin. Deux heures d’audience, alors que le prélat africain avait demandé en vain, pendant des années, à être reçu. Le Saint-Siège prenait très au sérieux l’affaire.

Affaire embarrassante

Le repentir et le retour de Mgr Milingo avait aussitôt déclenché une vive offensive médiatique des « moonies ». Maria Sung, venue à Rome implorer le pape de lui laisser voir son mari, commençait alors une grève de la faim. Chaque matin, elle se rendait, à l’aube, sur la Place Saint-Pierre pour prier. Les membres de la secte Moon, omniprésents autour de la coréenne, multipliaient les conférences de presse jusqu’à la séparation des deux « époux ».

Au Vatican, à l’embarras avait succédé l’agacement. L’Eglise catholique est confrontée à une multiplication des sectes qui menacent son audience. Mgr Milingo a pu, à cet égard, apparaître comme un pion et un instrument contre l’Eglise. Selon certains observateurs, en raison de l’audience du prélat zambien pour ses dons et son attachement à certaines pratiques traditionnelles, en raison aussi de la sensibilité particulière du clergé africain sur la question du célibat, la secte nord-coréenne pourrait tenter de faire de Mgr Milingo le symbole d’un schisme africain. (apic/imedia/hy/pr)

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