Il s’agit des « derniers disparus » sous ce triste régime
Santiago du Chili, 18 juillet 2006 (Apic) Un officier de l’armée chilienne, qui a servi de pilote à l’ex-dictateur Augusto Pinochet, a confessé avoir jeté depuis un hélicoptère, en 1987, les cadavres de cinq opposants au régime militaire, a révélé en début de semaine le quotidien « La Naciòn ».
L’ordre, aux dires de ce pilote, avait été directement donné par Pinochet, fâché de sa police secrète qui prétendait échanger les prisonniers membres du Front patriotique Manuel Rodriguez (FPMR) contre un colonel séquestré par ce groupe d’opposants.
Sous le prétexte que le régime de Pinochet ne négociait pas avec les opposants, appelés terroristes par l’ex-dictateur et son entourage, ordre a été donné de les éliminer. Gonzalo Fuenzalida, Julio Muñez, José Peña, Alejandro Pinochet et Manuel Sepulveda » sont considérés par les organisations des droits de l’homme comme les derniers détenus disparus sous la dictature (1973 – 1990).
Le pilote, que « La Naciòn » identifie comme « El chino Campos », a dit au juge Hugo Dolmestch, que son chef direct, le colonel Mario Navarrete, lui avait communiqué en septembre 1987 que par ordre de Pinochet, il devait utiliser l’hélicoptère pour charger « quelques paquets » au camp militaire de Peldehue, proche de Santiago.
Les « paquets » en question étaient les corps des cinq suppliciés, achevés au moyen d’une injection létale par un infirmier de la CNI surnommé « El Quincy » qui se suicidera trois ans plus tard. Les cadavres furent jetés à l’océan de l’hélicoptère à quelque 110 kilomètres des côtes. Un officier, qui accompagnait le pilote, est aujourd’hui attaché militaire en Europe, a-t-il encore révélé. (apic/ag/ln/pr)
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