Des milliers de personnes attendues du 28 au 30 juillet

France: Vézelay – 60e anniversaire de la Marche pour la paix

Vézelay, 24 juillet 2006 (Apic) Pour célébrer le 60e anniversaire de la Croisade de la paix, qui eut lieu en 1946, des milliers de personnes se rassembleront en cette fin de semaine à Vézelay. Un haut lieu de spiritualité chrétienne à travers les conflits et à travers les siècles.

Le quotidien catholique français La Croix consacrait le 21 juillet un reportage à ce haut lieu de spiritualité qu’est la basilique de Vézelay, qui verra du 28 au 30 juillet converger vers lui des milliers de pèlerins et de touristes. Il s’agit de commémorer la Marche de 1946, il y a 60 ans.

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, 30’000 représentants des pays en guerre s’étaient rassemblés à la Cordelle, pour le 800e anniversaire de la prédication de la deuxième croisade par saint Bernard. Ils avaient porté 14 croix de bois à travers toute l’Europe, pour converger vers Vézelay. Des prisonniers allemands en portèrent une quinzième pour sceller la réconciliation. En 1988, François Mitterrand et Helmut Kohl sont montés ensemble vers la basilique.

Dressé sur son promontoire, Vézelay garde un mystère. Le lieu porte une vie spirituelle intense, que rien, ni le chaos des guerres, ni les divisions des Églises, ni la marchandisation du monde, ne semblent devoir épuiser, écrit La Croix.

Les bâtisseurs de l’abbaye l’avaient senti. «Le Dieu de Vézelay dans le narthex, représente un Christ bras ouverts, entouré des Apôtres et des hommes qui se mettent en marche, image d’une Église en mouvement, sur une route où rien n’est acquis», explique au journaliste du quotidien catholiquePatrice Milleron, éditeur à Vézelay.

Le sauvetage de l’esprit de Vézelay après la Seconde Guerre mondiale sera l’oeuvre des bénédictins de la Pierre-qui-Vire, puis des franciscains. Avant l’installation des Fraternités monastiques de Jérusalem en 1993, qui aujourd’hui veillent sur la basilique. «La grâce opère indépendamment de ce qui s’y passe», estime Patrice Milleron. Les pèlerins qui viennent vers cette terre d’accueil ne se ressemblent guère. «Il y a là des jeunes à moto, le samedi soir, les familles de la région qui y passent le dimanche, les habitants des résidences secondaires à 50 kilomètres à la ronde, des pèlerins français ou étrangers, des marcheurs néerlandais ou suisses», dit-il encore. Et, aussi des groupes ésotériques, venus de partout, eux aussi fascinés par l’endroit.

Près d’un million de visiteurs chaque année

Aujourd’hui, Vézelay accueille près d’un million de visiteurs tous les ans. Dès le XIIIe siècle, la cité semblait pourtant engagée sur la pente d’un inexorable déclin. Ruinée, délaissée, la basilique était sur le point de s’effondrer. Au milieu du XIXe siècle, après vingt ans de restauration conduite par le grand architecte Viollet-le-Duc qui signa aussi la restauration de la Cathédrale de Lausanne, dont les parties supérieures de la tour centrale sont sa création, réalisée autour de 1870.

Avant, pendant et après la Seconde Guerre mondiale, et en particulier dans les années 1960-1970, Vézelay fut un lieu prisé par des intellectuels et des artistes. Ces années furent aussi fécondes sur le plan spirituel avec l’installation de communautés nouvelles.

Au début des années 1990, Mgr Gérard Defois, alors archevêque de Sens, évêque d’Auxerre, veut donner un nouveau lustre à la «colline éternelle». Il installe alors les Fraternités monastiques de Jérusalem, Frères et Soeurs. Elles prennent le relais des franciscains et des franciscaines, qui restent cependant à la Cordelle et au centre Sainte-Madeleine. Ces changements attirent de nouveaux visiteurs. Vézelay est un lieu de passage. Aux offices, ce sont rarement les mêmes personnes, explique Soeur Édith, qui dirige, elle, la communauté de Soeurs des Fraternités monastiques.

Aujourd’hui, des milliers de pèlerins et de touristes viennent à Vézelay. Depuis 1979 , la basilique et le site de Vézelay sont inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco. La communauté protestante de la région voudrait racheter la maison natale de Théodore de Bèze, né à Vézelay, rappelle La Croix. Les orthodoxes sont eux aussi présents sur la colline. L’oecuménisme fait son chemin à Vézelay. Tous ont oeuvré ensemble à la réussite du soixantième anniversaire de la Marche de la Paix. (apic/cx/vb)

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