Rome: Le Saint-Siège critique le programme cellules souches de l’Union européenne
Rome, 26 juillet 2006 (Apic) Mgr Elio Sgreccia a critiqué le programme de recherche à partir de cellules souches adopté par l’Union européenne le 24 juillet. Selon le président de l’Académie pontificale pour la vie, « le droit à la vie de ces embryons n’est pas préservé ».
Mgr Sgreccia s’exprimait dans une interview accordée à Radio Vatican le 25 juillet. Il a qualifié de « grave » le fait que l’Europe « ne reconnaisse pas ce droit primordial – le premier de tous les droits, le droit à la vie ». Il a aussi qualifié de grave « la législation qui autorise l’instrumentalisation de l’être humain, sur la base de ’je te tue pour en tirer des avantages pour les autres’ ».
Selon le prélat italien, l’Europe commet « un acte d’une grave incohérence » en s’engageant, d’un côté, dans la crise libano-israélienne pour « faire cesser les actes de violence et de guerre », alors que de l’autre, elle omet de « s’opposer à une recherche destructive qui porte en soi de la violence, même si celle-ci s’exerce sur la vie à son commencement ». Dans ses considérations d’ordre éthique et politique, le président de l’Académie pour la vie a souligné l’importance de la vie des cellules souches qui est « équivalente à celle de tous nos enfants, de nous tous qui sommes venus au monde ».
Un processus qui amène la mort d’embryons
Mgr Elio Sgreccia a aussi synthétisé en « trois affirmations » la décision des ministres européens: « il est interdit au chercheur de supprimer l’embryon humain pour en extraire les cellules souhaitées »; « ce chercheur – ou d’autres chercheurs – peut en revanche avoir recours à des lignées de cellules produites par d’autres » (d’autres qui ont en réalité « supprimé des embryons » dont les lignées de cellules sont « ensuite commercialisées »); « on peut établir des protocoles de recherche pour le financement visant à utiliser les embryons déjà congelés qui ne peuvent plus être implantés dans l’utérus de la mère, après vérification de la mort des embryons » (or « nous savons que pour vérifier la mort de ces embryons congelés, il faut les décongeler, et qu’en les décongelant, certains d’entre eux meurent « ).
« On ne voit pas comment on peut suivre cette voie sans provoquer des suppressions d’embryons », en a conclu l’archevêque italien. « Si l’embryon est ce qu’il est, c’est-à-dire un être humain, nous voyons que ces trois affirmations ne sont pas en harmonie entre elles », a-t-il encore estimé. Et « voilà pourquoi » les journaux, et « pas seulement ceux de tendance catholique », ont « taxé d’hypocrisie ou de contradictoire cette décision ».
Le programme de recherche à partir de cellules souches, adopté par l’Union européenne le 24 juillet, prévoit la recherche à partir de cellules souches existant déjà, à condition que celles-ci ne soient pas obtenues par la destruction d’embryons humains. Selon Mgr Sgreccia, il s’agit toutefois d’un engagement inacceptable pour l’Eglise. « Si on veut mener des recherches qui fassent intervenir des cellules souches embryonnaires, il faut bien que la destruction d’embryon se produise à un moment donné », a reconnu le commissaire à la recherche Janez Potocnik, précisant « mais nous n’allons pas financer cette phase ».
Le programme de recherche financé par l’Union européenne concerne la période 2007-2013. Plus de 50 milliards d’euro y seront consacrés. C’est après une longue bataille diplomatique en raison notamment de critères éthiques que les Etats membres de l’Union européenne sont finalement parvenus à un compromis au sujet des cellules souches. (apic/imedia/jas/bb)
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