Et tout ceci est vrai.
La rue est un grand théâtre. Planqué à l’ombre, avec un verre pour rafraîchir idées et gosier, rien de ce qui s’y passe ne peut échapper. Et surtout pas à l’oeil averti de l’observateur. Tiens, l’autre jour, bien calé à une terrasse, à l’ombre d’un campanile, je suivais les faits et gestes qu’entraînait une scène entre deux jeunes. Qui jouaient la rupture, sur l’air de qui ferait le premier pas. A voir les visages contrits, la rupture devait être imminente. Tournant alors brusquement le dos à sa belle, le jeune homme semblait parti pour ne plus jamais la revoir. Le regard abattu, la mine triste du chien battu. Penaud, mais pas tout à fait sot, à en croire l’allure de son pas, suffisamment lent pour laisser à sa compagne le temps du regret. D’un regret qui m’habite aussi depuis, celui de ne pas avoir eu en main un chrono. Pour prouver que le pays s’était déniché une nouvelle détentrice du record mondial du 100 m. Il est vrai que l’amour donne parfois des ailes. (Apic/Pierre Rottet)
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