Ouganda: Une délégation officielle rencontre le chef de l’Armée de Résistance du Seigneur
Kampala, 1er août 2006 (Apic) Pour la première fois depuis 1994, un officiel ougandais a rencontré, ce lundi, le chef de l’Armée de Résistance du Seigneur (LRA), Joseph Kony. Cette sanglante rébellion implantée au nord de l’Ouganda, lutte contre le régime de Yoweri Museveni depuis près de 20 ans.
La rencontre est considérée comme celle de l’espoir, car elle semble ouvrir des perspectives sérieuses de paix en Ouganda. Un envoyé spécial de Radio France Internationale (RFI) qui faisait partie de la délégation officielle ougandaise, a rapporté que la rencontre a eu lieu dans le repaire de Kony, située à une heure de marche, dans une forêt, habitée de léopards et d’éléphants, au nord de la République Démocratique du Congo (RDC).
La délégation officielle ougandaise, dirigée par Walter Athiola, gouverneur du district de Gulu (nord de l’Ouganda), a été accueillie par le chef de la LRA. Joseph Kony, le visage soucieux, était assis au milieu de ses « officiers ». Il a fait une longue communication de deux heures à la délégation, dans laquelle il a notamment exprimé la disponibilité de son mouvement à poursuivre les pourparlers avec le gouvernement ougandais. Il a proposé un cessez-le-feu préalable, afin de permettre aux négociations de se poursuivre dans une atmosphère « détendue ».
Kony a accusé le gouvernement ougandais d’avoir saboté dans le passé toutes les tentatives de son mouvement, de faire la paix. Il s’est dit confiant dans ce nouveau processus de paix engagé, grâce à la médiation du gouvernement du Sud-Soudan. Joseph Kony devait se rendre ce mardi au Soudan où l’attendait une importante délégation de notables. Ils ont annoncé vouloir lui demander d’abandonner la lutte armée et de rentrer avec ses hommes dans son pays.
Dans sa lutte contre le régime en place à Kampala, la LRA prétend s’inspirer des « dix commandements de l’Eglise catholique », bien que ce mouvement rebelle aux méthodes sanguinaires n’ait aucun soutien de l’Eglise. La Cour pénale internationale a lancé un mandat international contre Joseph Kony pour crime contre l’humanité. Son mouvement a commis des atrocités envers les populations civiles, en particulier, des enlèvements d’enfants qu’il enrôle dans ses rangs ou utilisent comme esclaves sexuels. (apic/ibc/be)
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