Condamnation des « crimes de guerre » d’Israël contre le Liban
Beyrouth/Bkerké, 2 août 2006 (Apic) Les chefs religieux libanais, réunis mardi au siège du patriarcat maronite à Bkerké, soutiennent le « plan Siniora ». Le Premier ministre libanais Fouad Siniora a en effet obtenu le 1er août l’adhésion sans réserve des chefs religieux de toutes les communautés du Liban, y compris chiite, à ce plan en sept points présenté le 23 juillet à la communauté internationale à Rome.
Ce plan prévoit notamment le renforcement de la force de l’ONU déjà déployée au Liban-Sud et propose d’impliquer la communauté internationale par le biais d’une force d’interposition dont la composition reste à fixer.
Le sommet des chefs religieux libanais a insisté sur le fait que les armes doivent être seulement aux mains de l’Etat, tout en rendant hommage « à la résistance », c’est-à-dire aux miliciens du Hezbollah qui affrontent la puissante armée israélienne. Les participants ont plaidé pour le recouvrement par l’Etat libanais de son entière souveraineté et de ses responsabilités sur l’ensemble du territoire libanais, tout en dénonçant « la vile agression israélienne ».
Ce retour de la présence armée de l’Etat libanais également au sud « constitue le socle national rassemblant tous les Libanais, qui y trouvent leur salut », selon le communiqué lu à l’issue de la rencontre par Mohammad Sammak, coprésident du Comité national pour le dialogue islamo-chrétien.
Les chefs religieux libanais ont également appuyé le plan en sept points présenté à la communauté internationale à Rome par le Premier ministre Fouad Siniora pour résoudre le conflit.
Israël accusé de crimes de guerre contre les Libanais
Les leaders religieux ont également dénoncé l’agression israélienne qui constitue à leurs yeux « des crimes de guerre contre les Libanais ». Le communiqué de l’ensemble des chefs religieux souligne qu’en ce moment, le Liban est l’objet d’une nouvelle agression israélienne « dont le moins qu’on puisse dire est que sa barbarie et sa capacité de destruction reflètent la haine et le désir de se venger du Liban bien plus que la volonté de réagir à l’enlèvement de deux soldats israéliens. Ce crime abject perpétré par les Israéliens à Cana dépasse en monstruosité tout ce qui peut s’imaginer, et incarne cette haine du Liban et des Libanais ».
Appelant la communauté internationale à imposer à Israël l’arrêt immédiat des hostilités, les chefs religieux ont insisté sur la nécessité de l’unité de toutes les communautés religieuses libanaises. Ils ont également encouragé leurs concitoyens à aider les centaines de milliers de déplacés fuyant depuis des semaines devant l’offensive israélienne.
Le cardinal Nasrallah Sfeir, chef de l’Eglise maronite, le mufti de la République, le sunnite Mohammad Rachid Kabbani, ainsi que le président du Conseil supérieur chiite, cheikh Abdel Amir Kabalan, étaient présents à Bkerké. Le catholicos arménien-orthodoxe, Aram Ier, le métropolite grec-orthodoxe de Beyrouth, Mgr Elias Audeh, cheikh Nouhad Hariz, représentant de la communauté druze, des chefs religieux des communautés syriaques catholique et orthodoxe, arménienne-catholique, latine et protestante, ont également participé à cet important sommet.
Le patriarche dénonce ceux qui veulent détruire la convivialité libanaise
Le patriarche Nasrallah Sfeir a relevé que le but de ce qui se passe actuellement au Liban est « de monter les communautés libanaises les unes contre les autres, de distiller dans le peuple les sentiments de haine, de rancoeurs, d’accusations réciproques ».
Le chef de l’Eglise maronite a cependant insisté sur le fait que le peuple libanais, en dépit de tout, a su faire preuve de solidarité et de sang-froid.
« Le Liban a été et sera toujours un modèle de convivialité entre diverses communautés religieuses, et il ne fait pas de doute que cette caractéristique gêne ceux qui souhaitent notre disparition », a-t-il averti. Le cardinal a également lancé un appel pour un cessez-le-feu et un « règlement radical » du problème, en appuyant les efforts de l’Etat libanais pour étendre son autorité sur l’ensemble du territoire national. (apic/orj/be)
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