Querelles entre Noirs et Métis, préférence aux Noirs ?

Afrique du Sud: Le pasteur Boesak accuse l’ANC de rétablir la langue de la division raciale

Le Cap, 2 août 2006 (Apic) L’ancien président de l’Alliance réformée mondiale (ARM), le pasteur Allan Boesak, autrefois responsable du parti du Congrès national africain (ANC) dans la province sud-africaine du Cap-Occidental, a provoqué une tempête dans les rangs de l’ANC après avoir déclaré aux syndicalistes que le parti au pouvoir recommençait à utiliser la langue de la division raciale.

Le pasteur Boesak a déclaré, lors de la conférence du Syndicat national des métallurgistes d’Afrique du Sud qui avait lieu au Cap fin juillet, que l’Afrique du Sud avait rétabli la langue de la division raciale et qu’elle devait admettre qu’il s’agissait d’une mauvaise chose. «Nous avons pris la mauvaise direction», a déclaré le pasteur.

«Nous avons consciemment permis à l’ANC d’instaurer de nouveau la langue de la catégorisation raciale. Dans les années 90, d’un seul coup on a recommencé à nous dire: ’Vous êtes Africains, vous êtes de couleur, vous êtes Indiens, vous êtes Blancs’», a-t-il déclaré.

Allan Boesak, un Sud-Africain métis, s’était distingué pendant les années 80 dans la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud et il est par la suite devenu le responsable de l’ANC pour la province du Cap-Occidental. En 2005, il est parti pour la ville de Piketberg, située au nord du Cap, en tant que pasteur de l’Eglise réformée en voie d’union après avoir purgé une peine de prison pour malversation, accusé d’avoir détourné des fonds d’aide danois. Le gouvernement sud-africain lui a par la suite accordé sa grâce.

Sous le régime de l’apartheid, les personnes métisses étaient qualifiées de «coloured» (»de couleur»). A l’heure actuelle, le gouvernement doit faire face à des attaques qui prétendent que des normes différentes sont appliquées selon les races et que les politiques accordent une préférence aux Noirs, qui représentent la très large majorité de la population en Afrique du Sud.

Le 28 juillet, cependant, le porte-parole de l’ANC Smuts Ngonyama a déclaré que le parti au pouvoir condamnait en bloc une campagne médiatique orchestrée par un journal du Cap «afin de semer la discorde raciale parmi la population d’Afrique du Sud et en particulier parmi la population du Cap-Occidental», où les Noirs sont en minorité dans la population.

Selon le journal mis en cause, Smuts Ngonyama aurait déclaré que les Noirs avaient été plus opprimés que les Métis pendant l’apartheid et que les Noirs avaient donc la priorité sur les Métis, afin de rétablir l’équilibre. En août 2005, Allan Boesak avait condamné le parti au pouvoir pour ne pas avoir pris les mesures adéquates à l’encontre d’un conseiller noir du maire du Cap qui avait publiquement fait des remarques racistes sur les Métis. (apic/eni/be)

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