Pour un cessez-le-feu immédiat au Liban et en Israël

Lausanne: Lettre ouverte d’Amnesty International au Conseil fédéral

Lausanne, 9 août 2006 (Apic) Dans une lettre ouverte au Conseil fédéral publiée mercredi, Amnesty International (AI) se prononce pour un cessez-le-feu immédiat au Liban et en Israël. L’organisation de défense des droits de l’homme demande également à la Confédération et à la communauté internationale qu’elles décrètent un embargo sur les armes à destination des parties en conflit.

En ce moment se trouvent deux missions d’enquête d’Amnesty International au Liban et en Israël. Des informations sur le travail et les découvertes de ces deux délégations sont régulièrement mises en ligne en anglais sur le site http://amnestylebanonisrael.blogspot.com.

« Extrêmement préoccupée par l’escalade de violence au Proche Orient et par la dégradation de la situation pour les populations civiles », écrit Amnesty International, et « au vu du mépris flagrant affiché par les deux parties en guerre pour les principes humanitaires fondamentaux », AI appelle à un cessez-le-feu effectif, total et immédiat.

Ce n’est qu’à cette condition que les populations civiles des deux bords seront en sécurité et que d’autres crimes de guerre pourront être évités, écrit encore l’organisation de défense des droits de l’homme.

La Section suisse d’AI prie instamment les autorités fédérales de renoncer à la réserve dont elles ont fait preuve jusqu’ici et d’entreprendre tout ce qui est en leur pouvoir pour obtenir, aussi vite que possible, un accord du Conseil de sécurité des Nations Unies et des pays concernés en faveur d’un cessez-le-feu.

Les bombardements indiscriminés de civils sont un crime de guerre

En outre, Amnesty International appelle la communauté internationale à la mise en place immédiate d’un embargo sur les armes à destination d’Israël et du Hezbollah. Dans son message, AI demande à Berne l’arrêt urgent des livraisons d’armes à Israël, y compris du matériel à « double usage » utilisé dans des activités militaires et de refuser toute autorisation d’utiliser le territoire suisse pour des transferts d’armes ou de matériel militaire. « Il est problématique de parler de fournir une aide humanitaire d’un côté et de faire du commerce d’armes de l’autre », écrit AI.

Le Conseil fédéral s’interroge si le droit de la neutralité s’applique dans un conflit qui n’est pas stricto sensu entre deux Etats, alors que pendant ce temps, la liste des victimes civiles s’allonge, déplore AI, qui estime que cette réserve est « peu admissible de la part de l’Etat dépositaire des Conventions de Genève », alors que le président de la Croix-Rouge internationale a estimé que les Conventions de Genève sont applicables et que le CICR fait tout son possible dans des conditions extrêmement précaires et dangereuses pour venir en aide aux victimes sur le terrain.

Au regard du droit international, lancer de façon délibérée des attaques sans distinction ou disproportionnées, ou cibler intentionnellement des civils ou des biens de caractère civil constitue un « crime de guerre », affirme l’organisation de défense des droits humains. AI attend de la Suisse qu’elle s’engage vigoureusement pour le respect du droit humanitaire et pour qu’elle intervienne en faveur des populations civiles souffrant au Liban et en Israël. Elle se dit convaincue qu’une attitude plus ferme de la Suisse serait conforme aux aspirations de la population suisse, extrêmement concernée par les événements au Liban et en Israël et donnerait un signal important à la communauté internationale pour qu’elle prenne ses responsabilités. (apic/com/ai/be)

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