Namibie: Un leader luthérien affirme que les Eglises namibiennes doivent se démocratiser
Windhoek, 15 août 2006 (Apic) L’évêque luthérien Zephania Kameeta, de Namibie, s’inquiète en constatant que les Eglises connaissent un déclin. Les congrégations, assure-t-il, doivent démocratiser leurs hiérarchies afin d’adapter la religion chrétienne aux vies des fidèles.
«Pour les leaders religieux, le principal défi sera de descendre au niveau de la population, en partageant leurs joies, leurs craintes et leurs problèmes», a déclaré Zephania Kameeta, évêque de l’Eglise évangélique luthérienne de la République de Namibie. Afin d’assurer une participation des congrégations aux activités, il a encouragé un renforcement du pouvoir (»empowerment») et un renouvellement de l’Eglise, ainsi qu’une appropriation de l’Eglise par ces congrégations.
«L’Eglise doit faire partie de la vie des gens, non seulement d’un point de vue spirituel, mais aussi pour le développement du pays. L’Eglise devrait proposer des activités qui encouragent les gens à agir de manière responsable en tant que citoyens respectueux. Ainsi, les communautés s’approprieront l’Eglise», a-t-il estimé dans une déclaration reprise par l’Agence oecuménique ENI.
De fait, les églises pentecôtistes et charismatiques ont connu une progression depuis les années 1990, aux dépends des Eglises déjà installées comme les luthériens et les catholiques. Environ 90% des quelques deux millions d’habitants de Namibie seraient chrétiens.
Charles Tjuripi, chercheur en sciences sociales à l’Université de Namibie, a déclaré avoir mené des sondages dans quatre des treize régions du pays en 2005 et a démontré que les congrégations subissaient un déclin. Il a découvert que les Eglises protestantes et pentecôtistes représentaient 68% de la population, tandis qu’environ 17% des Namibiens se disent catholiques romains.
Depuis l’indépendance?
«Un grand nombre de Namibiens prétend être chrétiens, alors qu’en fait ils ont complètement abandonné la religion», a encore estimé Charles Tjuripi.
Pour sa part, l’évêque Kameeta a affirmé que la réduction des congrégations et de la fréquentation des églises s’était accélérée depuis que la Namibie avait obtenu son indépendance de l’Afrique du Sud en 1990.
«Avant l’indépendance, les Eglises étaient des sanctuaires», a dit le responsable luthérien. Au cours de 24 années qui ont précédé l’indépendance, le nord de la Namibie avait sombré dans une guerre d’indépendance, pendant laquelle les Eglises fournissaient des services et un soutien vitaux aux personnes entraînées dans le conflit.
«En cette période post-indépendance, le rôle des Eglises est d’aborder les questions qui concernent le pays, comme l’emploi, le népotisme, la corruption et, par dessus tout, le VIH/SIDA, afin d’apporter l’espoir au pays», a conclu l’évêque. (apic/eni/pr)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse