Proche-Orient: La question palestinienne est à l’origine du conflit au Liban, estime le COE
Beyrouth, 16 août 2006 (Apic) La question palestinienne est à l’origine du conflit au Liban, a estimé une délégation religieuse du Conseil oecuménique des Eglises, en visite à Jérusalem.
A la suite à une trêve négociée aux Nations Unies entre Israël et le Hezbollah, la délégation mise en place par le Conseil oecuménique des Eglises a également exhorté toutes les parties à revenir à la table des négociations «sans que quiconque en soit écarté en ayant été désigné à l’avance comme des terroristes».
Menée par le président de la Conférence des Eglises européennes, le pasteur Jean-Arnold de Clermont, la délégation a déclaré que toute négociation devait inclure «la reconnaissance de l’importance d’un Etat israélien et d’un Etat palestinien dont les frontières seraient reconnues au niveau international».
La délégation comprenait également l’archevêque catholique romain de Tours, Bernard-Nicolas Aubertin. Elle s’était envolée pour le Liban le 9 août et s’est rendue à Beyrouth, Jérusalem et Ramallah, mais, par manque de temps, elle n’a pas pu aller dans les zones touchées par le conflit dans le sud du Liban et le nord d’Israël.
«Le Hezbollah est un élément de la résistance à la situation générale au Moyen-Orient et on ne peut pas simplement dire que cette guerre s’est produite parce que le Hezbollah était là», a déclaré aux journalistes le pasteur de Clermont, qui est également président de la Fédération protestante de France.
Tout en priant pour que le cessez-le-feu se maintienne, le pasteur de Clermont a relayé les réserves émises par les responsables d’Eglise libanais quant à la résolution de l’ONU qui a conduit à la trêve. Ceux-ci ont affirmé qu’elle n’avait pas réussi à traiter la cause première de la crise actuelle, soit la nécessité de résoudre le conflit israélo-palestinien. A la base de l’ensemble de pratiquement l’ensemble des problèmes du Proche-Orient, et même au-delà, aux yeux des observateurs.
Incompréhensible violence
Dans un communiqué, la délégation a fait savoir que, lors de sa visite à Beyrouth pendant le conflit, elle avait «entendu les voix de leaders religieux qui n’arrivaient pas à comprendre la violence de la destruction» qui a entraîné la mort de plus de 1’000 civils libanais, dont les deux tiers d’enfants. «Ils n’arrivaient pas à comprendre la violence de l’offensive militaire ; tout ce qu’ils comprenaient, c’était que l’intention était de détruire le Liban», précise la délégation.
«Nous avons également entendu les voix des mêmes responsables chrétiens au Liban, qui ont condamné sans réserve les attaques du Hezbollah, à cause desquelles huit soldats israéliens sont morts et deux autres ont été capturés, et condamné toute forme de violence ainsi que les morts civiles».
«Les mêmes responsables ont cependant montré leur soutien à la résistance du peuple libanais, qui affirme ainsi l’unité de ce pays en tant que modèle d’une conception multiculturelle et multireligieuse de la démocratie».
Le pasteur de Clermont à fait savoir qu’à Jérusalem, la délégation avait rencontré les responsables d’Eglises locales, ainsi que le grand rabbin ashkénaze Yona Metzger et le chef de la Cour suprême islamique, le Cheikh Tamimi. Ils ont par ailleurs rencontré des représentants de la société civile en Israël et en Palestine.
A Ramallah, la délégation a rencontré le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et est retournée le mardi 15 août à Genève. (apic/eni/pr)
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