Un ancien otage au Liban témoigne

Proche-Orient: La question palestinienne est à l’origine de la violence

Louisville, 16 août 2006 (Apic) Benjamin Weir, un ancien missionnaire presbytérien des Etats-Unis, retenu en otage pendant 16 mois à Beyrouth par le Djihad islamique, a affirmé que c’était en raison de l’impossibilité d’établir un accord de paix global au Moyen-Orient que la violence a détruit le Liban.

«La situation tragique actuelle fait remonter les amers souvenirs de précédentes invasions du Liban», a déclaré Benjamin Weir dans une interview accordée à l’agence de presse Presbyterian News Service après le début des violences entre Israël et le Hezbollah et avant qu’un cessez-le-feu ne soit négocié à l’ONU.

Le pasteur Weir et son épouse Carol ont travaillé comme missionnaires au Liban pendant près de 30 ans, mais il a été kidnappé à Beyrouth le 8 mai 1984 par le Djihad islamique. Il a été relâché 16 mois plus tard. «Ces deux adversaires, Israël et le Hezbollah, se sont eux-mêmes infligé de profondes blessures», a déclaré le pasteur Weir, qui, après avoir été relâché, a été élu modérateur de l’assemblée générale de 1986 de l’Eglise presbytérienne (Etats-Unis).

Benjamin Weir a affirmé que le Hezbollah avait été «très imprudent» de précipiter la guerre actuelle en capturant deux soldats israéliens au cours d’une incursion de l’autre coté de la frontière début juillet. «Le Hezbollah a fait s’effondrer la maison Liban autour de lui et quand la poussière sera retombée, je m’attends à ce que le peuple libanais réagisse avec vigueur».

Mais rejeter la faute uniquement sur le Hezbollah reviendrait à considérer la situation dans la région de manière trop simpliste, a souligné l’ancien otage. «Ce n’est pas qu’à cause du Hezbollah, mais aussi de la colère générée à travers tout le Moyen-Orient par la question palestinienne dans son ensemble», a-t-il déclaré. «La colère provient du peuple arabe globalement, pas seulement du Hezbollah, à cause de l’incapacité tant d’Israël que des Palestiniens à trouver un accord de paix».

Le pasteur Weir a affirmé qu’il ne faisait aucun doute que le Hezbollah avait «reçu un soutien considérable de la part de l’Iran» et que ce soutien aussi avait besoin d’être replacé dans son contexte historique. «Les chiites du Liban et d’Iran ont des liens familiaux qui remontent à plusieurs générations», a-t-il expliqué.

«Des générations de chiites qui vivaient dans l’oppression au Sud-Liban et à d’autres endroits ont pris l’Iran comme modèle pour surmonter leur oppression», selon le pasteur, «bien que très peu de gens soutiennent ce modèle politique particulier». Or parce que le gouvernement libanais est très faible, «les Libanais ne pourront pas s’affranchir dans un futur proche des influences qui proviennent de toutes parts», a-t-il affirmé.

«Au début de l’année, des espoirs de stabilité et de prospérité pour le Liban commençaient à naêtre», a-t-il souligné. «Aujourd’hui, c’est la déception, et elle mène au désespoir». (apic/eni/pr)

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