Envoyé en mission par le pape Benoît XVI

Liban: Le cardinal Etchegaray est rentré satisfait de son voyage de trois jours au Liban

Rome/Beyrouth, 17 août 2006 (Apic) Le cardinal Roger Etchegaray, ancien président du Conseil pontifical «Justice et Paix», a conclu sa visite au Liban, le 16 août 2006. Envoyé au Liban pour une mission de trois jours par le pape Benoît XVI, il y a rencontré les autorités politiques et visité un centre de réfugiés.

La visite au Liban du cardinal Etchegaray, «envoyé par le pape Benoît XVI pour porter à cette population torturée et à tous ceux qui souffrent dans la région du Proche-Orient, l’expression de sa proximité spirituelle et de sa concrète solidarité, ainsi que pour prier à la grande intention de la paix», s’est conclue le 16 août 2006, rapporte jeudi le Bureau de presse du Saint-Siège.

Lors de son voyage, qui a commencé le 14 août, le cardinal français a d’abord rencontré le président de la République libanaise, Emile Lahoud, le président du Conseil des ministres, Fouad Siniora, ainsi que le vice-président du Conseil supérieur chiite, cheikh Abdel Amir Kabalan. Il a aussi rendu hommage au mufti de la République, cheikh Mohammad Rachid Kabbani, et au patriarche maronite, le cardinal Pierre Nasrallah Sfeir. Le même jour, il a visité le siège central de la Caritas Liban, qui coordonne sur place l’aide humanitaire.

Le 15 août, l’envoyé du pape a présidé la messe de l’Assomption à Notre-Dame de Harissa, en présence du cardinal Sfeir. Il a aussi visité un centre de réfugiés, à Haret Sakher, à l’ouest du Liban, et a rencontré le Catholicos des Arméniens, Aram Ier. Finalement, le 16 août au matin, le cardinal Etchegaray a rencontré à Bkerké les évêques maronites avant de se rendre à la nonciature apostolique de Beyrouth puis de quitter le pays.

A son retour à Rome, le cardinal s’est montré satisfait de son voyage mais n’a pas voulu commenter sa visite en raison d’un agenda chargé en rencontres, essentiellement au Vatican. Il devait ensuite quitter Rome pour un séjour en France.

Du 19 au 25 août, il présidera à Lourdes le 50e pèlerinage des gitans et des gens du voyage. Puis, le 3 septembre, il célèbrera la messe de clôture de l’année de commémoration du 450e anniversaire de la mort de saint Ignace, à Loyola (Espagne). Le cardinal de 83 ans prendra néanmoins entre temps quelques jours de vacances dans le Pays basque français, sa région d’origine. JB/AR

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Cardinal Etchegaray : Le chemin vers la paix sera long et difficile

Le cardinal Roger Etchegaray, au cours de sa conférence de presse à l’issue de sa visite de trois jours au Liban, a lu un communiqué dans lequel il a affirmé qu’il était venu à Beyrouth «seulement par amour du Liban». Il a expliqué que sa visite a coïncidé avec l’arrêt des hostilités «et cet arrêt a nécessité beaucoup d’efforts et de temps pour permettre le déploiement de forces de paix».

Roger Etchegaray a en outre souligné que le chemin vers la paix sera «long et difficile» et nécessitera des sacrifices. Insistant sur les problèmes rencontrés par les déplacés – plus d’un quart de la population libanaise a fui les bombardements israéliens – il a mis en exergue l’intérêt que porte le pape aux besoins spirituels et matériels des Libanais, rapporte jeudi le quotidien libanais «L’Orient-Le Jour». «Le Liban, après le cessez-le-feu, aura besoin d’encore plus d’unité et de paix, mais avec Dieu, rien n’est impossible», a estimé le cardinal Etchegaray. JB/ORJ

Encadré

Les évêques maronites déplorent le dédoublement de l’autorité politique au Liban

L’Assemblée des évêques maronites, réunie mercredi au siège du patriarcat à Bkerké, près de Beyrouth, a estimé que le «dédoublement de l’autorité politique» au Liban est «la source de toutes les catastrophes». Les évêques ont plaidé pour que l’autorité soit exercée par «le seul gouvernement jouissant de la confiance de la Chambre démocratiquement élue». Ils visaient par là «l’Etat dans l’Etat» représenté par la force militaire du Hezbollah.

Réunie sous la présidence du patriarche, le cardinal Nasrallah Sfeir, l’Assemblée des évêques maronites et des supérieurs généraux et supérieures générales des ordres maronites, a d’abord remercié le pape Benoît XVI d’avoir dépêché le cardinal Etchegaray «pour s’enquérir de leur situation dans cette guerre destructrice qui a fait tant de morts et provoqué de si grandes destructions et de si larges exodes». Les prélats maronites soulignent que cette visite est «comme un baume sur le coeur, sachant que ce réconfort, le Saint-Père a voulu aussi l’accompagner d’une assistance financière, qui a été remise à Caritas-Liban et sera dépensée en fonction des besoins».

Ils constatent dans leur communiqué que l’arrêt des hostilités, qui ont détruit une grande partie de l’infrastructure, des logements par milliers et déplacé des dizaines de milliers de Libanais, a été accueilli par les Libanais avec un certain soulagement. «Toutefois, ils continuent d’appréhender ce que la résolution 1701 leur cache de points susceptibles d’interprétations divergentes». Ils insistent pour dire que le drame vécu par les Libanais durant cette guerre qui a duré plus d’un mois ont appris aux Libanais que «le dédoublement de la décision politique ne peut se poursuivre, et qu’un seul décideur politique, le gouvernement qui jouit de la confiance de la Chambre démocratiquement élue, doit être en position d’autorité, si l’on veut éviter que la responsabilité se perde et que les catastrophes s’abattent sur le pays». (apic/imedia/orj/be)

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