L’ »église ouverte », une expérience de spiritualité urbaine
Bâle, 22 août 2006 (Apic) Pour la cinquième fois consécutive, l’ »église ouverte » Sainte-Elisabeth (Elisabethenkirche), dans la vieille ville de Bâle, sera confiée ce week-end aux enfants. Ils seront les rois à l’occasion de la traditionnelle « Klosterbergfest », une fête populaire qui attire beaucoup de monde au Klosterberg.
Ce week-end, le bel édifice néogothique – construite entre 1857 et 1865, elle fut la première église protestante à être érigée en tant que telle après la Réforme – sera transformé en une « KinderKirche ». En fait une église pour les enfants. tout de même sous la surveillance des parents.
Les petits de 3 à 12 ans pourront y bricoler, jouer et aller de surprises en surprises. La fête, qui verra la participation de divers groupes de musiciens, est organisée chaque année, et quelque 20’000 personnes y sont attendues chaque soir. Son profit va à la Fondation « Enfants au Brésil », qui finance la scolarité d’enfants brésiliens.
Rire, s’étonner, courir, crier, chanter dans la « KinderKirche »
Au cours de leur fête, les enfants auront le droit de faire ce qui leur est habituellement interdit dans une église: rire, s’étonner, courir, crier, chanter, « être eux-mêmes, tout simplement » -, grâce à des installations spéciales et un riche programme. Ainsi, dans la nef de l’église, ils auront à disposition un long toboggan, qui leur procurera certainement de nouvelles sensations, comme aussi celle d’entendre Trudi Gerster leur raconter des légendes, ou de voir les performances du Cirque Maus, l’école de cirque de Bâle, un magicien.
A côté de l’atelier de peinture ou de pâte à modeler, il y aura aussi une tente où l’on pourra écouter des contes, des ateliers où l’on fabrique des attrape-rêves ou des luminaires, et d’innombrables autres activités.
Le dimanche matin, à 10h30, aura lieu une cérémonie religieuse pour les enfants, révèle le pasteur réformé André Feuz, l’un des responsables de cette église réformée restée fermée pendant une vingtaine d’années. A sa réouverture, il y a plus d’une décennie, elle est devenue une « église ouverte à tous », où se donnent des productions théâtrales, des expositions de peintures, des concerts de jazz et des discussions politiques.
C’est aussi un lieu de méditation oecuménique et d’échanges interreligieux. On y célèbre aussi des cultes « expérimentaux » avec danse, peintures et lectures de poèmes. Le tout est chapeauté par une association constituée de protestants, de catholiques et de sans confession. L’église ouverte « Sainte-Elisabeth » s’est fait connaître grâce au remuant pasteur Felix Felix, qui l’a dirigée pendant des années, et qui s’est fait connaître pour ses cultes pour animaux. Cette « église ouverte » pratique un oecuménisme aussi large que possible. Elle a un lien particulièrement étroit avec les autres « City Churches », les « Eglises urbaines » présentes dans d’autres villes européennes.
Un champ d’expérimentation pour des formes de spiritualité modernes
On y trouve des services, messes et prières traditionnels, mais l’église ouverte « Sainte- Elisabeth » veut offrir un espace pour des expériences religieuses et spirituelles très différentes, qu’elles soient de nature individuelle, personnelle, ou communautaire. Elle veut offrir un espace pour la prière et la méditation individuelle, pour des offices à thèmes ou pour des communautés spécifiques sous des formes nouvelles et expérimentales.
Elle souhaite également créer « un champ d’expérimentation pour des formes de spiritualité modernes, globales, et tournées vers l’homme ». Cette « église ouverte » veut également être présente dans le domaine de la culture et de l’art – des expositions, des pièces de théâtre, des installations ou des concerts y sont organisés – sans oublier discussions publiques, conférences et cours. Active dans l’action sociale, l’église ouverte « Sainte-Elisabeth » s’engage aussi pour ceux qui sont oubliés par la société, afin de lutter contre la misère. Elle se veut tout à la fois « centre de charité, refuge et lieu de repos », tout en restant ouverte aux autres questions de la vie, de la ville et du monde, comme la lutte en faveur de la paix, de la justice, pour la préservation des fondements de la vie humaine et la sauvegarde de la création. (apic/job/com/be)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse