Rome: L’Osservatore Romano dénonce la lenteur de la communauté internationale
Rome, 25 août 2006 (Apic) Le Saint-Siège réagit face aux atermoiements de la communauté internationale dans la mise en acte de la résolution onusienne 1701 pour le Liban sud. L’Osservatore Romano, dans son édition du 25 août, critique la «lenteur préoccupante» des pays sollicités par l’Onu pour le renforcement de la Finul, la Force intérimaire des Nations unies au Liban.
«Il est urgent que la communauté internationale assume ses responsabilités pour appliquer la résolution 1701», titre ainsi le quotidien du Saint-Siège en première page de son édition datée du 25 août. «Les heures et les jours passent, et la communauté internationale fait preuve d’une lenteur préoccupante à assumer ses responsabilités pour mettre en acte la résolution 1701 sur le Liban et pour installer les bases d’une relance du processus de paix au Proche-Orient», précise ensuite le quotidien.
L’Osservatore Romano, qui rappelle que la résolution a été «approuvée à l’unanimité par le Conseil de sécurité de l’Onu le 11 août», regrette que, «malgré les sollicitations répétées de l’Onu, la diplomatie internationale n’ait pas encore trouvé les moyens d’aller au secours des malheureuses populations impliquées dans la crise».
Le journal du Saint-Siège indique qu’il n’existe aucune certitude concernant «l’agenda et les modes d’intervention», et «particulièrement concernant l’arrivée des contingents militaires destinés à renforcer la Finul, la mission de l’Onu au Liban».
Interrogé le 20 août sur la chaîne de télévision italienne RaiUno, le secrétaire du Conseil pontifical Justice et Paix, Mgr Gianpaolo Crepaldi, a qualifié la résolution onusienne de «pas en avant», mais aussi de «bouteille à moitié pleine».
Car «tant que la sécurité d’Israël ne sera pas assurée et que le droit à un pays libre ne sera pas reconnu au peuple palestinien, les mesures ne seront pas suffisantes».
Pour sa part, sur l’antenne de Radio Vatican, le 24 août, Mgr Fouad Twal a réclamé «la souveraineté totale du gouvernement libanais sur son territoire» comme condition pour la paix. «Tant que les Palestiniens, les chrétiens et les musulmans n’auront pas un morceau de tissu d’un mètre et demi que l’on appelle drapeau, avec un Etat indépendant, tous nos discours seront inutiles», a aussi averti l’évêque coadjuteur du patriarcat latin de Jérusalem.
Rechercher un règlement durable du conflit
La résolution 1701, votée à l’unanimité par le Conseil de sécurité des Nations unies le 11 août 2006, a appelé les belligérants israéliens et libanais à observer un cessez-le-feu et à rechercher un règlement durable du conflit. En outre, le document a défini la mise sur pied d’une force internationale de stabilisation de quelque 15’000 hommes.
Depuis, les pays concernés demandent la définition de la mission précise et les ’règles d’engagement’ des casques bleus sur place. L’Italie, qui pourrait prendre le commandement de cette force, a rappelé son offre d’une contribution entre 2000 et 3000 hommes. La France s’apprête à révéler le nombre de soldats supplémentaires qu’elle enverra au Liban. L’Espagne, la Belgique et le Portugal devraient aussi contribuer à la Finul, ainsi que plusieurs pays scandinaves et l’Allemagne, sans que des soldats allemands ne soient sur le terrain.
La Russie et la Chine n’ont pas fait connaître leurs intentions, mais la participation de plusieurs pays arabes et musulmans, comme le Maroc, la Turquie, la Jordanie, sans doute l’Arabie saoudite, paraît acquise. Les cas de la Malaisie et de l’Indonésie sont plus incertains, en raison de leurs relations avec Israël. (apic/imedia/ami/bb)
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