Saint-Maurice: Foule pour la fête du centenaire des Soeurs et de l’Oeuvre Saint-Augustin

«Diffuser le message de la vérité à temps et à contretemps»

Jacques Berset, agence Apic

Saint-Maurice/VS, 27 août 2006 (Apic) La foule était présente samedi à la basilique de Saint-Maurice pour la fête du centenaire des soeurs et de l’OEuvre Saint-Augustin (OSA). Le slogan de cette congrégation active dans l’apostolat de la presse est de «Donner une voix à Dieu», selon le mot de son fondateur, Louis Cergneux, chanoine de l’Abbaye valaisanne. Quelque 450 personnes ont assisté à la messe d’action de grâces, présidée par le Père-Abbé de Saint-Maurice, Mgr Joseph Roduit.

Mgr Roduit était entouré d’un invité spécial – Mgr Joseph Werth, évêque de Novosibirsk, en Sibérie -, de Mgr Henri Salina, son prédécesseur à la tête de l’Abbaye territoriale de Saint-Maurice, du chanoine Bernard Broccard, vicaire général, représentant de l’évêque de Sion, et d’une quarantaine de prêtres. C’est dans ce sanctuaire fondé en 515 sur le tombeau des saints martyrs de la Légion thébaine que les soeurs de Saint-Augustin viennent se ressourcer depuis un siècle, a-t-il été rappelé durant la cérémonie.

Deux religieuses africaines, Soeur Judith, venue du Togo, et Soeur Félicienne, du Burkina Faso, représentaient à cette occasion les communautés d’Afrique fondées depuis Saint-Maurice. C’est en 1960 que l’on «préleva le grain pour la semence», et que trois religieuses quittaient la Suisse pour Lomé, au Togo, où l’Eglise locale les appelait pour prendre en charge l’imprimerie de la mission. Une trentaine de soeurs africaines sont entrées dans la congrégation et poursuivent l’oeuvre de leurs aînées par leurs librairies, leur centre audio-visuel, la confection de vêtements liturgiques et le lancement prochain d’une oeuvre pour la promotion sociale de la jeune fille.

Une Abbaye dédiée aux martyrs

Mgr Roduit a relevé la dimension symbolique, dans cette Abbaye dédiée aux martyrs, de la présence de Mgr Werth, un évêque venu de Sibérie, d’une communauté catholique qui a été durement persécutée par le régime stalinien. Il a souligné dans son homélie la foi de «visionnaire» du chanoine Louis Cergneux, qui a co-fondé avec Mère Marie-Thérèse Sidler – fille du maître de chapelle de l’Abbaye, elle avait étudié à Sainte-Ursule à Fribourg – cette oeuvre qui dure toujours, malgré les obstacles et les oppositions des débuts.

«Il en fallait de l’audace», a-t-il souligné, en regrettant qu’il n’y en ait plus autant aujourd’hui pour se lancer dans une telle aventure. Relevant la rareté des vocations dans la congrégation en Suisse, il s’est dit heureux que l’Afrique ait entendu le message, répondant à l’appel de Dieu pour cet apostolat de la presse. Il a remercié les laïcs qui poursuivent cet engagement en Suisse.

Aux temps héroïques de la clandestinité

Au cours de l’apéritif offert aux participants, le vice-président de la Municipalité de Saint-Maurice Jean-Didier Roch a salué le fait que la Congrégation poursuive aujourd’hui sa mission au service de la presse avec la même ténacité que ses fondateurs. Il a rappelé les temps héroïques – quand les premières novices grelottaient durant l’hiver dans une petite chambre de la Rue des Terreaux où elles composaient leurs premiers textes pour les Bulletins paroissiaux – alors qu’aujourd’hui, le tirage cumulé des bulletins paroissiaux est de plus d’un million d’exemplaires distribués dans toute la Suisse. Il s’agit de «Paroisses vivantes» en français, et de «Pfarrblatt» en allemand. En 1906, en vertu des dispositions de la Constitution suisse de l’époque, les soeurs durent commencer leur apostolat dans la clandestinité.

Suite à la perte de l’imprimerie – les soeurs n’ont pas échappé ces dix dernières années aux bouffées de chaleur de l’économie», a-t-il souligné – les soeurs ont remis en chantier les bâtiments. Elles ont ainsi donné la possibilité de réunir sous le même toit la Médiathèque Valais, la Bibliothèque municipale, la Bibliothèque spécialisée de l’HEP (Haute Ecole Pédagogique) et du Collège. Cet outil devient un «pôle d’excellence pour la documentation éducative, un outil formidable pour notre petite ville et le Valais romand».

Jean-Jacques Rey-Bellet, vice-président du Conseil d’Etat valaisan, a salué le fait que l’OSA diffusait le message de la vérité «à temps et à contretemps, au milieu d’un monde, celui de médias du prêt-à-jeter, qui sont plus intéressés par l’éphémère que par le durable, par l’apparence que par le vrai, par le clinquant que par l’humble.» Avec beaucoup d’humour, il a dit son admiration et sa reconnaissance au nom du canton et de sa population à cette alerte centenaire qu’est la Congrégation de Saint-Augustin qui a «toujours fait bonne impression», en Valais et au-delà. JB

Encadré

En 1906, la fondation a lieu dans un contexte de tensions politico-religieuses

La Congrégation des Soeurs de Saint-Augustin est officiellement née le 10 septembre 1906, dans un contexte de tensions politico-religieuses. Les premières soeurs – Marie-Thérèse Sidler (co-fondatrice et 1ère supérieure de la congrégation), Herminie Saint-Martin et Eugénie Gard – s’engagent à Vernayaz, paroisse desservie par le chanoine Louis-Augustin Cergneux, leur fondateur. La cérémonie d’approbation se déroule dans la clandestinité, car la Constitution suisse interdit alors de fonder de nouvelles congrégations religieuses.

La maison mère de la Congrégation se trouve à Saint-Maurice, où vivait son fondateur. Les 24 religieuses sont aujourd’hui regroupées dans une aile de leur maison de Saint-Maurice, dont la toute nouvelle chapelle ouvre une magnifique perspective sur celle de Notre-Dame du Scex. Seules 6 d’entre elles sont encore actives dans le domaine de la «Bonne Presse», pour reprendre l’expression du chanoine Cergneux.

L’époque de la «Bonne Presse»

C’était l’époque de la fondation du journal «Le Nouvelliste», qui allait être édité et imprimé à Saint-Maurice par l’OSA jusqu’en 1924, ou de celle du quotidien catholique du Tessin, le «Giornale del Popolo», qui allait également être lancé par les soeurs de Saint-Augustin, le 22 décembre 1926. Aujourd’hui, les soeurs sont moins nombreuses: pendant quasiment 20 ans, elles n’ont pas eu de nouvelles vocations, et c’est en 2004 qu’elles ont pu accueillir une nouvelle professe, venue de Roumanie, qui a renouvelé ses voeux pour trois ans l’an dernier.

En 1995, les religieuses se retirent de Lugano et de Fribourg (où la librairie est confiée à une laïque). L’an dernier, à Genève, suite à un «essai non concluant», elles renoncent à la gestion de la Librairie «La Procure/Le Passage», qu’elles avaient reprise en 2001. En 2003, elles avaient déjà vendu leur secteur «imprimerie», l’OSA se recentrant sur l’édition de livres, la presse paroissiale, le secteur pré-presse et les librairies. JB

Encadré

31 soeurs de Saint-Augustin actives en Afrique

Présentes sur le continent africain depuis 1960, 31 soeurs de Saint-Augustin, aujourd’hui toutes des Africaines, dirigent à Lomé, Togoville et Kpalimé (Togo) des librairies, un Centre audiovisuel, des ateliers d’ornements liturgiques, une bibliothèque diocésaine et un service d’éditions. Au Burkina Faso, les religieuses ont la responsabilité d’une librairie et d’un atelier de couture pour des vêtements liturgiques, tandis qu’une autre soeur est professeur à l’ISCOM (Institut supérieur des communications) à Abidjan, en Côte d’Ivoire. JB

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