COE: La situation au Moyen-Orient, le plus grave problème actuel selon Samuel Kobia
Genève, 1er septembre 2006 (Apic) La situation au Moyen-Orient est le plus grave problème actuel. C’est ce qu’a affirmé le pasteur Samuel Kobia, secrétaire général du COE, en s’adressant au Comité central de l’organisation. A son avis, les Eglises et organisations religieuses peuvent contribuer à trouver une solution.
Le pasteur Kobia, méthodiste originaire du Kenya, s’exprimait le 31 août au deuxième jour de la réunion du Comité central du COE, rapporte l’agence oecuménique ENI. La rencontre se déroule jusqu’au 6 septembre à Genève, au siège de cette organisation regroupant plus de 340 Eglises, principalement protestantes, anglicanes et orthodoxes.
« Les événements du Moyen-Orient constituent actuellement le plus grand défi posé à la communauté internationale », a déclaré le pasteur Kobia. « Je suis convaincu que le mouvement oecuménique a un rôle important à jouer dans la recherche de la paix au Moyen-Orient », a-t-il ajouté. « Je suis convaincu que si nous unissons nos efforts, nous pouvons apporter une contribution, comme nous avons contribué à la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud. »
Une délégation du COE partie en août au Moyen-Orient avait affirmé que l’origine du conflit entre Israël et le Hezbollah résidait dans l’incapacité à résoudre le problème israélo-palestinien, rappelle l’agence ENI. Emmenée par le président de la Conférence des Eglises européennes, le pasteur Jean-Arnold de Clermont, la délégation s’est rendue à Beyrouth, Jérusalem et Ramallah.
De l’avis du pasteur Kobia, le COE, grâce à sa longue expérience du dialogue interreligieux, peut apporter une contribution précieuse au processus de paix israélo-palestinien en travaillant à briser les barrières entre les deux peuples et les multiples communautés religieuses qui souffrent de ce conflit.
Au nombre des questions sensibles auxquelles le monde doit faire face, le secrétaire général du COE a évoqué l’avenir de l’Irak et les conséquences des événements dans ce pays sur le reste de la région, ainsi que la question de savoir si l’Iran va renoncer à son ambition de se doter d’un armement nucléaire.
Hégémonie des Etats-Unis au Moyen-Orient
Il s’est également interrogé sur les perspectives des nouveaux responsables palestiniens. « Auront-ils la possibilité d’accomplir leur mandat démocratique, de faire leurs preuves et d’entamer des négociations équitables avec Israël? Les Israéliens trouveront-ils la voie de négociations équitables avec les Palestiniens? Quelles sont les vraies chances de paix entre Israël et la Palestine, au vu de la volonté apparente de l’actuel gouvernement des Etats-Unis d’imposer son hégémonie au Moyen-Orient? »
Evoquant une paix durable au Moyen-Orient, le pasteur Kobia a posé la question suivante: quand et comment la communauté internationale fera-t-elle cesser l’occupation des terres arabes par les Israéliens, conformément au droit international et aux résolutions des Nations Unies? « En mettant fin à l’occupation, on permettra à des forces nouvelles de se manifester et de donner un nouveau visage au Moyen-Orient, » a-t-il poursuivi. « Il faut trouver le moyen de permettre aux personnes de bonne volonté en Israël de commencer à rétablir des relations avec leurs voisins – non seulement sur la base du droit mais aussi par le biais de solutions négociées aux problèmes communs ».
« Il n’est pas juste que la population palestinienne vive dans l’humiliation perpétuelle. Il n’est pas juste que des centaines de milliers de réfugiés palestiniens vivent dans des camps depuis près de 60 ans, » a ajouté Samuel Kobia. Selon lui, les sanctions imposées à la Cisjordanie et à Gaza à la suite des élections démocratiques de janvier étaient injustes.
« De même, il n’est pas juste que la population d’Israël doive vivre dans la crainte perpétuelle de ses voisins et se trouve obligée de compter sur sa force militaire et sur de puissants allés », a-t-il affirmé. « Il n’est pas juste que des Israéliens doivent se terrer dans des abris pendant un mois et que des Libanais soient forcés de fuir de chez eux sous un déluge assourdissant de fusées et d’obus et sous les attaques aériennes, tandis que délibère le Conseil de sécurité des Nations Unies. » (apic/eni/bb)
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