Assise: Rencontre interreligieuse pour la paix organisée par la Communauté Sant’Egidio
Rome, 6 septembre 2006 (Apic) « La guerre n’est pas inévitable », ont lancé à Assise (Italie) les participants à la rencontre interreligieuse de prière pour la paix organisée par la Communauté Sant’Egidio, dans la soirée du 5 septembre. Dans leur appel, ils ont aussi rappelé que celles-ci « ne justifient jamais la haine et la violence » et que « ceux qui utilisent le nom de Dieu pour anéantir l’autre s’éloignent de la religion pure ».
Commémorant la rencontre interreligieuse du 27 octobre 1986 à Assise, qualifiée d’initiative « audacieuse et prophétique de Jean Paul II », des responsables de différentes religions ont ainsi lancé un « appel pour la paix ». Un appel prononcé « alors que notre monde traverse des moments difficiles, sous le poids des tensions, des conflits, des menaces terroristes ». Ensemble, chrétiens, juifs, musulmans, bouddhistes et autres ont affirmé que « la guerre n’est pas inévitable ». Ils ont invité « ceux qui sèment la terreur, la mort, la violence, au nom de Dieu » à se souvenir que « la paix est le nom de Dieu », que « Dieu est plus fort que ceux qui veulent la guerre, que ceux qui cultivent la haine, que ceux qui vivent dans la violence ». « Assise: Rencontre interreligieuse pour la paix organisée par la Communauté Sant’Egidio », ont-ils encore souligné, prévenant que « ceux qui utilisent le nom de Dieu pour anéantir l’autre s’éloignent de la religion pure ». Des propos largement applaudis par la foule présente devant la basilique d’Assise.
Devant le président de la République italienne Giorgio Napolitano, les participants ont aussi confié vouloir « aider chaque homme et chaque femme, les responsables des gouvernements, à se détourner du pessimisme, et à découvrir que l’espérance est proche si l’on sait vivre l’art du dialogue ». Ne renonçant pas « à combler l’abîme entre les riches et les pauvres et à chercher la paix par tous les moyens », ils ont demandé à leurs « fidèles (.) de prier et d’oeuvrer pour la paix ». « Plus jamais la guerre », ont-ils alors lancé comme Paul VI devant l’Onu en 1965.
Aucun affrontement n’est un destin inévitable
« Le monde d’aujourd’hui est traversé par beaucoup de problèmes. Mais ce n’est pas pour autant que nous nous résignons à la culture du conflit qui ne voit d’autre issue que l’affrontement pour l’avenir proche d’entières communautés religieuses, de cultures et de civilisations », peut-on encore lire dans l’appel lancé depuis Assise. « Le siècle qui s’est écoulé nous a montré comment les guerres mondiales, la Shoah, les génocides aux dimensions inimaginables, les oppressions de masse, les idéologies totalitaires, ont volé des millions de vies humaines et n’ont pas renouvelé le monde comme elles le promettaient », poursuit le texte pour qui « aucun affrontement n’est un destin inévitable, aucune guerre n’est naturelle ».
Réunis en prière « les uns à côté des autres » avant cet appel pour la paix en divers lieux d’Assise, les fidèles des différentes religions ont souhaité montrer « que la prière ne divise pas, mais qu’elle unit », promettant aussi qu’ils ne prieraient « jamais les uns contre les autres ».
Avant la proclamation de l’appel pour la paix, une minute de silence pour « les victimes de la guerre, du terrorisme et de toute violence » a été observée. L’appel a ensuite été symboliquement remis par les différents responsables religieux à plusieurs enfants de diverses nationalités. A leur tour, ces derniers ont consigné le texte à des ambassadeurs et à des responsables politiques présents. Au terme de la rencontre d’Assise, le cardinal Crescenzio Sepe, archevêque de Naples, a invité la Communauté Sant’Egidio à organiser sa rencontre annuelle de l’année suivante sans sa ville du sud de l’Italie. (apic/imedia/ami/bb)
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