Des violations du droit international ont été constatées
Genève, 6 septembre 2006 (Apic) Le Conseil oecuménique des Eglises (COE) a demandé une enquête des Nations Unies sur d’éventuels crimes de guerre commis au cours du conflit israélo-palestinien. Il dénonce par ailleurs des livraisons d’armes utilisées en violation des droits de l’homme.
Dans une déclaration datée du 5 septembre, et reprise par l’agence oecuménique ENI, le Comité central du COE s’est dit «effrayé de constater les violations du droit international des conflits armés par les combattants de cette guerre, et l’incapacité de la communauté internationale à assurer la protection des civils et un usage proportionné de la force». Il a également exprimé de graves inquiétudes face à «l’usage considérable par l’armée israélienne de munitions à fragmentation dans le sud du Liban, en particulier lorsque le cessez-le-feu était sur le point d’entrer en vigueur».
Le 2 septembre, Tarek Mitri, ministre libanais de la Culture, avait affirmé aux journalistes qui assistaient à la réunion du Comité central du COE qu’il existait suffisamment de preuves pour accuser Israël de crimes de guerre, y compris de l’utilisation d’armes prohibées à l’encontre de civils. Selon Tarek Mitri, ancien membre du personnel du COE en charge du dialogue entre chrétiens et musulmans, Israël a cherché à «punir collectivement et de manière disproportionnée» le Liban, ce qui a conduit au déplacement d’un million de personnes et à la destruction de 150’000 foyers.
Appel à la levée du blocus dur le Liban
Dans sa déclaration, le Comité central du COE a exhorté les Nations Unies à «diligenter une enquête internationale sur les violations du droit international, y compris d’éventuels crimes de guerre, et sur les livraisons d’armes utilisées en violation des droits de l’homme». Il a également appelé «les gouvernements qui ont fourni des armes aux combattants à suspendre les livraisons d’armes et de matériel analogue à Israël et au Hezbollah en attendant les conclusions de cette enquête, et les milieux qui ont utilisé des munitions à fragmentation au Liban à fournir des informations détaillées sur les lieux où ces munitions ont été utilisées, leur quantité et leur type». Il a appelé par ailleurs «à un cessez-le-feu durable et inconditionnel et à la levée du blocus du Liban».
De plus, l’organe directeur du COE a insisté pour que toutes les personnes détenues au Liban, en Israël et dans les Territoires occupés soient libérées ou jugées selon les procédures légales, et pour que le Conseil de sécurité des Nations Unies mette en oeuvre ses résolutions concernant le Moyen-Orient, y compris celle visant «à mettre fin à l’occupation illégale, vieille de 39 ans, qui est au centre des violents troubles dans la région».
Il a en outre approuvé la proposition de création d’un forum oecuménique Palestine/Israël sous les auspices du COE afin de promouvoir la paix au Moyen-Orient.
Pendant le Comité central, rappelle l’agence ENI, le secrétaire général Samuel Kobia avait déclaré que le COE, grâce à son expérience du dialogue interreligieux, pouvait apporter une contribution précieuse au processus de paix israélo-palestinien. (apic/eni/bb)
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