Une nouvelle commission pastorale sera bientôt mise en place

Rome: L’Eglise catholique veut davantage étudier les pèlerinages à Medjugorje

Rome, 6 septembre 2006 (Apic) Une commission étudiant l’aspect «pastoral» des pèlerinages à Medjugorje, en Bosnie-Herzégovine, sera prochainement mise en place, a confirmé le 5 septembre à l’agence I.MEDIA Mgr Mato Zovkic. Le vicaire général de Sarajevo s’est entretenu à ce sujet avec le nonce apostolique en Bosnie-Herzégovine, Mgr Alessandro D’Errico, fin juillet dernier.

Si un document du Saint-Siège, daté de 1972, «donne des lignes générales sur les recherches à mener» autour des apparitions, définissant trois étapes dans l’étude de ce phénomène, a rappelé Mgr Zovkic à I.MEDIA, il s’agit désormais d’étudier l’aspect «pastoral» des pèlerinages à Medjugorje. Il faut se pencher sur «les fruits» de ces apparitions, «sur les pèlerins qui se rendent» sur les lieux. «Quelles expériences font-ils? Qu’est-ce qui les motive à revenir à plusieurs reprises? Comment vivent-ils ensuite, une fois de retour chez eux?», telles sont les questions auxquelles il s’agit de répondre, et qui font partie de la 3e section du document.

Les deux premières sections du document de 1972 établissent quant à elles que pour étudier des apparitions, il faut d’abord déterminer «qui sont les voyants», et étudier «leur comportement», avant de se pencher sur «les propos de la Vierge ou de la personne qui apparaît», avec pour question fondamentale: «est-ce conforme à la Révélation catholique et à l’enseignement de l’Eglise?».

L’aspect pastoral «devrait être plus profondément, plus sérieusement étudié et suivi» à Medjugorje, a affirmé le prélat bosniaque. En effet, «dans ses conclusions de 1991, à Zadar, l’ancienne Conférence épiscopale de Yougoslavie fit une conclusion à double niveau». Tout d’abord, elle établit que «la commission qui étudiait les phénomènes (d’apparition de la Vierge à Medjugorje, ndlr) avait déclaré le ’non constat de supernaturalité’», signifiant qu’on ne pouvait pas affirmer le caractère surnaturel de ces apparitions. «Mais, le 2e niveau consistait dans le fait que les évêques recommandèrent la création d’une commission pastorale pour suivre et étudier les dévotions» autour de ce sanctuaire marial. Il s’agissait, entre autres, «de vérifier» si les normes de l’Eglise catholique étaient «observées sur place», tant au niveau liturgique que des prédications.

Un projet interrompu par la guerre

Mgr Zovkic a alors rappelé qu’en 1991, la guerre éclata dans la région, expliquant pourquoi cette commission pastorale n’avait jamais pu voir le jour. La Yougoslavie se désintégra, et la Bosnie-Herzégovine fut reconnue comme nouvel Etat indépendant. Si bien qu’une nouvelle Conférence épiscopale vit le jour. Maintenant que la guerre est terminée et tandis que les pèlerins continuent d’affluer à Medjugorje, beaucoup d’entre eux revenant et affirmant qu’ils «ont expérimenté quelque chose de bien» là-bas, «le Saint-Siège souhaite qu’une telle commission, appelée commission pastorale», soit établie sous l’autorité de la Conférence épiscopale, a alors souligné le prélat.

«Le Saint-Siège aimerait que l’évêque du lieu, Mgr Ratko Peric, et la Conférence épiscopale de Bosnie-Herzégovine, établissent une nouvelle commission pastorale», a insisté Mgr Zovkic. Il estime en effet que «les fidèles venant y prier, y recevoir les sacrements de la réconciliation et de l’Eucharistie, doivent être accompagnés d’un soin pastoral de la part des prêtres et des évêques locaux». Pour le vicaire général, cet afflux de pèlerins est «un phénomène qui doit être sérieusement étudié et accompagné», tout comme ses «fruits».

Eglise prudente sur les apparitions

Concernant l’authenticité des apparitions, «la dernière conclusion ne peut pas être formulée tant que les dits voyants affirment qu’ils voient toujours la Vierge», a rappelé aussi Mgr Zovkic. Or, «depuis 25 ans, ils disent que la Vierge leur apparaît».

Concernant la composition de la commission pastorale, Mgr Zovkic a finalement confié qu’il n’avait pas d’information précise à ce sujet. Se fondant néanmoins sur son expérience de 1982, lorsqu’il faisait partie de la commission diocésaine, il a estimé que la création de la nouvelle commission requérrait plusieurs mois. «Dans la nouvelle commission, je dirais qu’il y aura environ dix personnes, parmi lesquelles des personnes expertes en liturgie, en mariologie et en dogmatique catholique», a-t-il encore estimé. Il a aussi jugé que la commission serait sans doute composée de personnes venant de différentes régions de Croatie et proposées par le Saint-Siège.

Discrétion du côté du Saint-Siège

«J’attends des suggestions de la Congrégation pour la doctrine de la foi» sur les noms des théologiens à choisir, avait quant à lui précisé le cardinal Vinko Puljic , l’archevêque de Sarajevo, interrogé par Catholic News Service, le 24 juillet dernier. «La commission sera sous la tutelle de la Conférence épiscopale de Bosnie», avait-il ajouté. A la Congrégation pour la doctrine de la foi, on reste discret à ce sujet, même si on ne cache pas que le projet soit en cours.

Depuis vingt-cinq ans, des millions de pèlerins ont visité Medjugorje, ce village d’Herzégovine occidentale, où des apparitions de la Vierge se produiraient depuis le 24 juin 1981. Aujourd’hui, la ’Gospa’ – la ’Dame’ en croate – apparaîtrait encore quotidiennement à trois des six voyants et délivrerait des messages le 25 de chaque mois. Des deux commissions instituées en 1982, pour la première, au niveau du diocèse, et en 1987, pour la seconde, au niveau de la Conférence épiscopale yougoslave, est sorti, en 1991, un jugement prudent de l’Eglise catholique: «Sur la base des investigations menées jusqu’ici, il n’a pas été possible d’établir qu’il s’agisse d’apparitions ou de révélations surnaturelles». Néanmoins, l’Eglise souhaite préserver les fruits spirituels qu’elle ne nie pas. (apic/imedia/ar/bb)

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