L’hémorragie des chrétiens libanais est inquiétante

Beyrouth: Le cardinal Sfeir à la réunion mensuelle des évêques maronites du Liban

Beyrouth, 6 septembre 2006 (Apic) L’hémorragie des chrétiens du Liban inquiète les évêques maronites. Dans un message publié mercredi à l’issue de leur rencontre mensuelle sous la présidence du cardinal Nasrallah Sfeir, patriarche des maronites, les évêques libanais invitent les chrétiens à revenir au pays, malgré la crise économique. Ils mettent beaucoup d’espérance dans les aides internationales et dans l’arrivée des contingents de soldats de la paix.

Le Liban, toujours soumis au blocus israélien, vient de vivre pendant un mois sous les bombes israéliennes qui ont tué plus d’un millier de civils, en majorité des femmes et des enfants. La dramatique situation du pays, s’aggrave encore sur le plan politique par le refus du président Emile Lahoud de démissionner, estiment les prélats.

Plus de 240’000 chrétiens ont déjà quitté le pays

Réunis au siège du patriarcat à Bkerke, près de Beyrouth, les prélats maronites vont publier un appel en sept points, insistant notamment sur la grave crise économique que subit le Pays du Cèdre, et le grave problème de l’émigration des chrétiens. Durant la guerre entre les forces israéliennes et le Hezbollah, selon certaines statistiques, plus de 240’000 chrétiens ont déjà quitté le pays, et la majorité d’entre eux ne veulent pas revenir. Ce fait préoccupe grandement l’Eglise au Liban, où les chrétiens sont depuis longtemps minoritaires. Le pape Jean Paul II rappelait d’ailleurs que la présence chrétienne au Liban est une condition nécessaire à la présence chrétienne au Moyen Orient.

Selon diverses sources, les évêques libanais veulent lancer un appel fort aux émigrés pour qu’ils reviennent dans leur pays et veulent pour ce faire accomplir des «gestes sociaux prophétiques» pour stimuler leur retour. Dans leur appel, les évêques libanais insistent sur l’importance de l’appui de la communauté internationale. Selon un sondage commandé par le quotidien «L’Orient-Le Jour», les Libanais ne craignent pas un nouveau conflit intercommunautaire, mais 50 % des jeunes n’envisagent pas leur avenir professionnel au Liban.

Départs de cadres et de jeunes

En effet, plus de la moitié des jeunes Libanais rêvent d’émigration ou du moins d’expatriation pour de longues années. Après la vague des évacuations des étrangers et des binationaux, on constate en effet de très nombreux départs de jeunes, de cadres qui partent en quête d’avenir. «Dieu nous a voulus ici, au Liban, en Orient, non pour être une communauté en plus, mais pour le témoignage que nous pouvons y rendre», a ainsi déclaré le patriarche maronite, le cardinal Sfeir.

Les Patriarches des différentes Eglises ont déjà tiré la sonnette d’alarme, mais ils risquent de ne pas être entendus alors que le fracas des bombardements est encore dans toutes les oreilles et que les licenciements sont de plus en plus nombreux dans un pays qui ne connaît pas l’assurance-chômage. (apic/orj/asianews/be)

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