Si une réforme électorale n’intervient pas

Cameroun: L’Eglise craint une guerre civile suite aux fraudes électorales

Yaoundé, 7 septembre 2006 (Apic) Le Cameroun court le risque d’une guerre civile si le gouvernement camerounais n’approuve pas les propositions que l’Eglise lui a soumises en matière électorale. C’est ce qu’affirme le coordinateur de la Commission épiscopale Justice et paix de l’épiscopat catholique dans le pays.

Selon le journal catholique « The Southern Cross » (n° 4478), qui paraît en Afrique du Sud, l’Eglise catholique camerounaise craint une guerre civile si ses propositions en matière électorale ne sont pas suivies.

En effet, une législation doit être adoptée au Cameroun, estime le coordinateur de la Commission épiscopale Justice et Paix de l’épiscopat catholique camerounais, Pierre Titi Nwel. L’enjeu concerne des réformes structurelles incluant l’éducation de la pauvreté. « Nous avons un sérieux problème avec les élections ici au Cameroun, » a déclaré à l’agence catholique africaine DIA, Pierre Titi Nwel, sociologue et professeur d’université, ajoutant que ceux qui détiennent le pouvoir bloquent tout changement pour des raisons électoralistes. Le Cameroun occupe la place la moins enviable de l’un des Etat les plus corrompus au monde.

« Si nous ne changeons pas la loi, une guerre va se produire » a insisté le coordinateur de la Commission épiscopale Justice et Paix.

L’Eglise catholique au Cameroun a présenté deux projets de loi au président Paul Biya cette année. Ceux-ci sont censés apporter plus de transparence aux législatives de 2007. A en croire l’universitaire, la législation proposée devrait établir une indépendance permanente de la Commission nationale électorale. Le coordinateur de la Commission épiscopale Justice et paix au Cameroun affirme que les propositions de l’Eglise au chef de l’Etat n’ont jamais été débattues, comme celui-ci l’avait laissé entendre.

Le numéro un camerounais s’est hissé à la tête du pays en 1982, après sa désignation comme successeur du premier président camerounais après l’indépendance. Paul Biya a obtenu sa première victoire sur le plan électoral avec 99 % des voix.

En 1990, les partis politiques sont reconnus. Deux ans plus tard, les premières élections multipartites sont organisées au Cameroun. Mais le parti de Paul Biya s’impose dans, par un processus pour le moins peu clair, rappelle l’agence catholique africaine DIA.

Pour lutter contre les fraudes, en 2004, l’Eglise catholique a dû s’impliquer de manière active dans le processus électoral. Elle a envoyé plus de 5.000 observateurs sur l’ensemble du territoire national. Dans un rapport qu’elle a émis, la Commission épiscopale Justice et Paix a fait part des centaines de cas d’irrégularités. Le cardinal Christian Wiygham Tumi de Douala, appuie les propositions soumises par l’Eglise catholiques sur le plan de la réforme électorale. Ce prélat, qui fut poussé par ses concitoyens à briguer la magistrature suprême en 2004, offre qu’il a déclinée, est inquiet pour l’avenir de son pays. Il craint que devant toutes les fraudes électorales, ses concitoyens ne se résolvent à recourir à la guerre pour changer la situation.

Le coordinateur Pierre Titi Nwel de la Commission épiscopale Justice et paix a précisé que ni le cardinal ni l’Eglise catholique n’ont l’intention de servir la cause d’un quelconque parti politique. (apic/dia/vb)

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