Rome: Nouveau Secrétaire d’Etat du Saint-Siège
Rome, 7 septembre 2006 (Apic) Même si le nouveau secrétaire d’Etat, le cardinal Tarcisio Bertone, ne vient pas du monde diplomatique, cela « ne devrait pas entraîner de changements » quant au rôle du Saint-Siège au niveau international. C’est là l’avis de Mgr Pietro Parolin.
Le sous-secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats s’exprimait devant la presse, le 7 septembre, au Vatican, à l’occasion d’une conférence de présentation du livre Le levain de l’Evangile – la présence du Saint-Siège dans la vie des peuples, signé par le cardinal Angelo Sodano. Il en a profité pour livrer son sentiment sur le rôle de la Secrétairerie d’Etat.
Malgré « le changement à la tête de la Secrétairerie d’Etat, le style de présence du Saint-Siège au niveau diplomatique continuera pour le bien de l’humanité et le soutien aux Eglises dans les différentes parties du monde », a ainsi affirmé le numéro 2 de la 2e section de la Secrétairerie d’Etat. Même si on constate que le nouveau secrétaire d’Etat, comme le pape, « ne viennent pas directement de la diplomatie, cela ne devrait pas entraîner » de changement majeur, a-t-il estimé.
En effet, le rôle international » du Saint-Siège n’est pas « un fait contingent, seulement lié à un pape ». « La personnalité du Saint-Siège est liée aussi au support territorial qui a la caractéristique d’un Etat (l’Etat du Vatican, ndlr) », a souligné Mgr Parolin. Il doit « continuer à avoir sa présence spécifique pour greffer les principes de l’Evangile dans la réalité internationale ». Et si pour le haut prélat, « Jean Paul II avait son style de présence », l’oeuvre diplomatique du Saint-Siège est « un fait qui continuera, aussi à cause de la situation actuelle, qui présente une extrême complexité ».
« Le style de présence de l’Eglise dans le contexte international et au sein des divers organismes, parmi lesquels l’ONU, a en fait toujours été empreint de la tentative de contribuer à la construction d’un nouvel ordre international qui sauvegarde les valeurs de la paix et du respect entre les peuples », a poursuivi Mgr Parolin. « Cela, en ayant conscience de la tache spécifique de l’Eglise qui consiste à proposer l’Evangile et ses principes, aussi sur le plan politique et des rapports internationaux ». Mgr Caccia, assesseur général de la Secrétairerie d’Etat, également présent à la conférence a pour sa part affirmé que « l’Eglise était libre de tout conditionnement ».
« La particularité du Saint-Siège est le fait ne pas épouser les intérêts d’un peuple spécifique. L’intérêt est le bien des croyants et de l’humanité », « Il est difficile de penser » que l’activité diplomatique du Saint-Siège soit « seulement liée au charisme personnel de quelqu’un : c’est une voix qui porte dans le monde un levain, qui croît sans faire trop de bruit », a-t-il renchéri. « Le Saint-Siège, justement parce qu’il est intimement lié au successeur de Pierre, aussi quand il agit dans l’environnement diplomatique ou dans des questions de nature sociale, n’est pas étranger à l’horizon pastoral fondamental de l’Eglise. La fin reste toujours la même : le salut des âmes ».
Pour Mgr Parolin, le Saint-Siège situe « le service à la dignité de l’homme à la première place de toute l’activité politique et juridique internationale ». « Tout doit être vu dans cette perspective : la liberté religieuse et la liberté de conscience ».
Interrogé sur la préoccupation du Saint-Siège du fait que la liberté religieuse n’est pas assurée dans de nombreux pays, Mgr Gabriele Caccia a alors affirmé que « les difficultés de ceux qui souffrent sont un encouragement a être conscients de la valeur de sa propre foi et à ne pas avoir peur d’affronter des discriminations ».
Questionné sur l’arrivée du cardinal Bertone et de possibles incidences sur la structuration de la Secrétairerie d’Etat, Mgr Caccia a quant à lui répondu: « il ne faut pas avoir peur du nouveau, ni un désir à tout prix du nouveau ». Pour lui, « il n’y a aucun préjudice au changement ». « L’Eglise est faite d’hommes concrets qui vivent en des temps concrets » et « quand il y a certaines exigences, l’Eglise s’adapte pour accomplir sa mission de la meilleure façon ». A la question de savoir si le Saint-Siège cherchait toujours à être membre de l’Onu, une perspective étudiée dans le passé, Mgr Parolin a par ailleurs répondu que non, puisque « aujourd’hui, son rôle d’observateur comme celui des autres Etats membres était renforcé ». (apic/imedia/ar/vb)
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