L’observateur du Vatican plaide pour un moratoire

Rome: Le Saint-Siège aux Nations Unies et les sous-munitions

Rome, 7 septembre 2006 (Apic) L’observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations-unies à Genève, Mgr Silvano Tomasi, a une nouvelle fois insisté sur la nécessité d’un moratoire sur l’utilisation des sous-munitions, dans une intervention rendue publique par le Bureau de presse du Saint-Siège, le 7 septembre.

Le Saint-Siège a souligné l’urgence d’une «réflexion de fond concernant la nature et l’utilisation des sous-munitions», qui équivalent pour les civils aux mines antipersonnelles, au cours de la 15e session d’experts gouvernementaux réunie à Genève le 1er septembre 2006, sur cette question.

«Le Saint-Siège considère qu’une réflexion de fond concernant la nature et l’utilisation des sous-munitions est nécessaire sans tarder», a ainsi lancé Mgr Silvano Tomasi. L’observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations-unies a insisté en affirmant que «les victimes des conflits passés et les victimes potentielles des conflits à venir» ne pouvaient pas attendre «des années de négociations et de discussions».

Pour cela, a-t-il expliqué, «un moratoire sur l’utilisation des armes s’impose». Mgr Tomasi a ainsi réclamé que les Etats prenant part à la ’Convention sur l’interdiction ou la restriction de l’usage de certaines armes conventionnelles’ se mettent au travail. Il s’agit «d’adopter un mandat spécifique pour commencer la discussion autour d’un instrument efficace pour éradiquer les risques liés aux sous-munitions». Le diplomate a ajouté que «le droit humanitaire international devrait être mieux respecté» afin d’éviter que les pays «déjà lourdement handicapés» ne soient plus gravement touchés.

La guerre du Liban et les sous-munitions

L’observateur permanent du Saint-Siège a aussi insisté sur les conséquences de l’utilisation de sous-munitions, citant la guerre du Liban, qui témoigne du «drame humanitaire se déploiant sous nos yeux». Mgr Tomasi a aussi interpellé les pays participants en soutenant que «les raisons pour agir» n’étaient pas «une construction de l’esprit», mais «s’offraient à nous par les dizaines de victimes innocentes et par les souffrances qui accompagnent des milliers de familles». A ses yeux, les défenseurs de ces armes n’ont pas de «preuves convaincantes».

Possédées par une majorité de pays, les sous-munitions sont des petites bombes dispersées par centaines à partir de munitions classiques comme les missiles, les bombes ou les obus. Apparaît alors un tapis d’explosions allant jusqu’à plusieurs centaines d’hectares. On estime qu’entre 5 % et 30% de ces sous-munitions n’explosent pas au sol et se comportent comme des mines-antipersonnelles, elles-mêmes condamnées par la Convention internationale d’Ottawa de 1997. Gisant par centaines de milliers en territoire devenu hors de conflit, elles peuvent en effet exploser au moindre contact. On a pu voir leur utilisation massive dans le cadre de récents conflits, comme en Irak, en Afghanistan ou au Kosovo.

Déjà, en août 2005, Mgr Tomasi avait soutenu, avec vigueur, l’idée d’un moratoire sur l’utilisation des sous-munitions. Il s’exprimait à Genève lors de la 11e session des groupes d’experts de la Convention sur «l’interdiction ou la limitation de l’emploi de certaines armes classiques qui peuvent être considérées comme produisant des effets traumatiques excessifs ou comme frappant sans discrimination» (apic/imedia/pad/cicr/vb)

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