Berne: Amnesty International dénonce les mensonges des partisans de la Loi sur l’asile
Berne, 8 septembre 2006 (Apic) La guerre des chiffres fait rage en Suisse, deux semaines avant la votation des lois sur l’asile et les étrangers. Alors que le conseiller fédéral Christoph Blocher ne prétend connaître qu’un seul cas de personne arrêtée suite à un jugement erroné au cours des 24 dernières années, Amnesty International dénonce au m,ois neuf cas.
L’organisation de défense des droits de l’homme a fait témoigner Ramadan Veliù, qui a déposé une demande d’asile à l’aéroport de Zurich en octobre 1982. Refus, renvoi à Belgrade, où la police serbe l’attendait. Après quatorze mois de mauvais traitements, il a été condamné à huit ans de prison, puis a pu revenir en Suisse où il a enfin été reconnu comme réfugié. «Je ne me plains pas du peuple suisse mais des autorités de l’époque et de celles d’aujourd’hui qui risquent de faire la même chose. Par des mensonges sur les cas de décisions erronées et son discours sur les abus, Monsieur Blocher nie ma cruelle réalité», a-t-il expliqué le 7 septembre à Berne.
Amnesty International a connaissance d’au moins neuf cas de personnes arrêtées après leur expulsion de Suisse: un en Birmanie, deux au Kosovo, quatre en Turquie, un au Yémen et un Syrie. «De plus, ces dernières années, Amnesty International est intervenue dans une cinquantaine de cas par année, souvent dans des dossiers ayant été refusés tant par l’Office fédéral que par l’instance de recours. Dans près de 80% des cas, l’intervention d’Amnesty a donné lieu à une révision de la décision», a relevé Denise Graf, coordinatrice asile pour la Section suisse d’Amnesty International. «La nouvelle Loi sur l’asile, avec la non-entrée en matière, réduirait à tel point la procédure et serait tellement expéditive que nous n’aurions plus la possibilité d’intervenir pour corriger les décisions erronées. Le risque de telles décisions serait nettement augmenté».
«80 à 90% d’abus? Complètement faux!»
Autres chiffres cités par les partisans de la révision de la Loi sur l’asile et dénoncés par l’organisation: il y aurait 80 à 90% d’abus parmi les demandeurs d’asile. «C’est complètement faux!», affirme Daniel Bolomey, Secrétaire général de la Section suisse d’Amnesty International. Explication: Entre janvier et fin juillet 2006, 14,4% des personnes qui ont déposé une demande ont obtenu le statut de réfugié politique et 56% ont reçu une admission provisoire comme réfugiés de la violence ou pour d’autres raisons. «Sans compter les recours admis par la Commission de recours, cela fait un total de plus de 70% de personnes qui avaient des raisons suffisantes reconnues comme légitimes de demander l’asile en Suisse», explique Daniel Bolomey. (apic/com/bb)
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