Munich: Voyage du pape en Bavière
Munich, 10 septembre 2006 (Apic) Benoît XVI souhait que les musulmans soient mieux intégrés dans la société allemande. Il l’a dit lors de son entretien avec Horst Koehler. C’est ce qu’a rapporté le président allemand à la télévision, à l’issue de sa rencontre avec le pape, au Palais royal de Munich, dans la soirée du 9 septembre 2006.
Benoît XVI et le président fédéral allemand Horst Koehler ont parlé du Proche-Orient et de la cohabitation avec l’Islam, lors de leur rencontre dans la soirée du 9 septembre 2006, a ainsi rapporté Horst Koehler. «Nous devons faire plus pour intégrer nos concitoyens musulmans», a déclaré ce dernier, affirmant que Benoît XVI partageait ce point de vue.
«Le pape m’a dit que nous devions chercher le dialogue, en Allemagne, et chercher aussi à faire plus d’efforts pour intégrer les citoyens musulmans». Il s’agit de donner aussi au monde musulman, en Allemagne, le signal que nous réussirons à bien vivre ensemble et qu’ils sont les bienvenus». «Cette intégration serait un signe pour le monde», a encore ajouté le président, très satisfait de sa rencontre en privé avec le souverain pontife. Sa rencontre avec le pape a duré une demi-heure.
Quant à Angela Merkel, qui a à son tour rencontré le pape dans le palais royal, dans la soirée du 9 septembre, elle a déclaré: «Je lui ai aussi parlé de la situation en Allemagne, affrontant la question de l’oecuménisme et du rapport avec les autres Eglises, mais je ne révélerai pas tout le contenu», La chancelière allemande a aussi rappelé la teneur de sa conversation avec le pape à Castel Gandolfo, le 28 août dernier, au sujet des valeurs chrétiennes de l’Europe, à défendre ensemble. Angela Merkel a renouvelé sa promesse de défendre «ces valeurs communes».
«Le pape est surtout un théologien et il est excellent dans ce domaine. Il est très ouvert sur le monde et sait que le message de la foi doit être confronté avec la réalité», a par ailleurs commenté la chancelière. «L’Eglise catholique est universelle et doit connaître tous les angles du monde», a-t-elle estimé.
Après Angela Merkel, Edmund Stoiber
Après avoir reçu en audience la chancelière allemande Angela Merkel, Benoît XVI s’est entretenu avec Edmund Stoiber, ministre-président de Bavière.
Le pape a fait le tour du Palais royal, écoutant de la musique traditionnelle comme «Gott, grüsse dich» joués par des Bavaroises en costume, qu’il a félicitées chaleureusement. Benoît XVI a quitté le Palais royal à 20h15 au son des fanfares, saluant les fidèles sur sa route, sous leurs acclamations. Il devait regagner en papamobile l’archevêché, avec le cardinal Friedrich Wetter, archevêque de Munich-Freising.
«Cette visite a un large effet. Les gens sont très enthousiastes», a commenté le cardinal Wetter à la télévision allemande. Pour les croyants cela leur donne «plus de joie», pour les autres, ils peuvent «commencer à écouter l’Eglise», a-t-il encore ajouté. Sur son trajet, les Bavarois, en liesse, criaient et chantaient, agitant drapeaux, entonnant des chants religieux ou ponctuant ’Benedetto’. Le pape est arrivé sur son lieu de résidence un peu avant 20h30.
Selon la police, 70 000 personnes ont attendu le pape sur sa route dans l’après-midi du 9 septembre, dont 15 000 personnes à la Marienplatz, au coeur de Munich. Par ailleurs, quelque 250 000 fidèles sont attendus pour la messe que Benoît XVI célébrera dans la matinée du 10 septembre (imedia/ar/vb)
Munich Voyage du pape en Bavière et Messe solennelle
Le pape fustige le «cynisme» de la société occidentale
Munich, 10 septembre 2006 (Apic) Lors de la messe solennelle qu’il a présidée, à la grande foire de Munich, le 10 septembre, Benoît XVI a déclaré: «Le monde a besoin de Dieu», d’un Dieu d’amour. Il a aussi dénonçé «le cynisme de la société occidentale» qui considère l’offense a sacré comme une liberté.
«Le monde a besoin de Dieu. Nous avons besoin de Dieu», a lancé le pape dans sa longue homélie en allemand, souvent interrompue par les applaudissements. Nous avons besoin de celui qui dit «’non’ à la violence», et qui est «’l’amour jusqu’à bout’». Ainsi, pour le pape, confesser cette profession de foi à haute voix et sans demi-mots
ne nous rend «pas moins respectueux des autres religions et cultures, ni de leur foi». Le pape a aussi regretté que la société occidentale occulte aujourd’hui la présence de Dieu, au nom de «la technique». «Ce qu’on dit de lui nous semble pré-scientifique, plus adapté à notre temps». Mais si les populations de l’Afrique et de l’Asie «admirent nos prestations techniques», en même temps, «elles s’effraient devant une rationalité qui exclut totalement Dieu de sa vision du monde», a-t-il alors expliqué. «La vraie menace n’est pas dans la foi chrétienne, mais au contraire dans le mépris de Dieu et dans le cynisme qui considère l’offense au sacré comme une liberté et élève l’utilité comme suprême critère moral».
«Ce cynisme va à l’encontre de la tolérance et de l’ouverture culturelle que les peuples attendent et que nous tous désirons !», a alors lancé Benoît XVI. «La tolérance dont nous avons un besoin urgent inclut la crainte de Dieu – le respect de ce qui pour les autres est une chose sacrée». Ce respect «présuppose que nous-mêmes apprenions de nouveau la crainte de Dieu», a-t-il aussi dit. «Ce sens du respect ne peut être régénéré dans le monde occidental seulement si la foi en Dieu croît à nouveau, si Dieu est à nouveau présent pour nous et en nous».
Un prosélytisme contraire au christianisme
Le souverain pontife a aussi expliqué que cette foi n’était à imposer à personne. «Un tel genre de prosélytisme est contraire au christianisme». «La foi peut seulement se développer dans la liberté», a-t-il insisté. «Nous faisons cependant appel à la liberté des hommes pour nous ouvrir à Dieu, le chercher, l’écouter», a-t-il ajouté. Sinon, il «nous manque une perception décisive» et nos sens intérieurs «courent le risque de s’éteindre», a mis en garde Benoît XVI.
Benoît XVI a aussi invité les évêques allemands à ne pas avoir peur de l’évangélisation. Il a en effet regretté que certains considèrent «les choses concernant Dieu» comme «d’importance mineure». Si «l’Eglise catholique en Allemagne est grande dans ses activités sociales, dans sa disponibilité à aider partout où cela s’avère nécessaire», le pape a néanmoins souhaité que cette préoccupation n’occulte pas la promotion de l’Evangile. «Le fait social et l’Evangile sont inséparables», a-t-il rappelé.
L’expérience des évêques est que l’évangélisation «doit avoir la priorité, que le Dieu de Jésus Christ doit être connu, cru et aimé, doit convertir les coeurs, a-t-il insisté sous les applaudissements, afin que les choses sociales puissent aussi progresser, afin qu’advienne la réconciliation, et aussi que, par exemple, le sida puisse être combattu en affrontant vraiment ses causes profondes».
Pour le pape, les hommes ne sauraient se satisfaire seulement de «connaissances et de capacités techniques», qui ont pour conséquence de nous éloigner toujours plus de la réconciliation, de l’engagement commun pour la justice et l’amour».
La messe a commencé vers 10h sur l’esplanade de la ’Neue Messe’ de Munich, sous un grand soleil. Le pape, en chasuble verte, était radieux. Il a commencé la célébration par un salut, remerciant chaleureusement ses concitoyens pour leur accueil, leur lançant le traditionnel ’Grüss Gott’ (Dieu te salue) sous leurs acclamations. (apic/imedia/ar/vb)
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