Lucerne: L’Action de Carême présente sa nouvelle campagne sur le respect des travailleurs
Jacques Berset, agence Apic
Lucerne, 12 septembre 2006 (Apic) Présentant à Lucerne sa nouvelle campagne de carême 2007, intitulée «Nous croyons. Tout travail doit respecter la dignité humaine», l’Action de Carême (AdC) a fait état d’un résultat réjouissant: durant la campagne de cette année, les dons ont connu une augmentation de plus d’un million de francs.
De plus, selon un sondage GFS mené auprès des «multiplicateurs» de l’AdC et destiné à mesurer la qualité de la campagne 2006 ayant pour thème «Nous croyons. Engageons-nous pour le respect des droits humains», le degré d’acceptation est grand. Qui plus est, a précisé Matthias Dörnenburg, chef du marketing, de la communication et de la formation à l’Action de Carême, les résultats sont assez homogènes entre la Suisse alémanique (2/3 des 1010 personnes sondées, dont 30% de réponses) et la Suisse romande (1/3).
Les soupes de carême, les messes et cultes spéciaux, les actions de vente de roses au label du commerce équitable Max Havelaar ont le vent en poupe, contrairement aux soirées d’information et conférences avec des hôtes externes ou les actions SMS. Les affiches et les sets de tables pour les soupes de carême ont également bien marché.
Pour le directeur de l’Action de Carême, Antonio Hautle, les paroisses (l’AdC avait noté un net recul l’année précédente dans ce secteur) et les privés ont bien répondu cette année et les mesures de marketing commencent à porter leurs fruits. La prochaine campagne thématisera notamment le travail des enfants, le travail forcé, les situations d’esclavage qui persistent dans certains pays du Sud, les discriminations.
Il s’agit de lutter pour libérer ces travailleurs de leur situation de servitude, «car l’homme n’est pas une marchandise». Il s’agit pour l’AdC et ses partenaires de la campagne oecuménique «Pain pour le Prochain» et «Etre partenaires» de militer pour des salaires corrects qui permettent de faire vivre une famille et d’assurer une existence digne. Pour illustrer cette campagne, l’AdC a choisi notamment de montrer les conditions de travail dans le secteur de la fabrication d’ordinateurs, dont le 80% des quelque mille pièces sont produites dans des zones franches, notamment en Chine, aux Philippines, en Indonésie, en Inde.
L’an prochain, l’AdC vendra à nouveau dans la rue «100’000 roses contre l’exploitation». Cette action, d’habitude bien médiatisée, aura lieu le 24 mars 2007 dans de nombreuses villes de Suisse. La campagne de carême débutera officiellement le Mercredi des Cendres, le 21 février, et durera jusqu’à Pâques, le 8 avril.
Notons encore que l’AdC rejette, comme l’a fait la Conférence des évêques suisses (CES), Caritas et les autres oeuvres d’entraide chrétienne les nouvelles lois sur l’asile et les étrangers, soumises au peuple suisse le 24 septembre prochain. Si l’oeuvre d’entraide ne s’est pas fortement engagée dans ce domaine, elle s’est par contre clairement profilée en ce qui concerne la contribution de la Suisse au fonds de cohésion européen, afin d’éviter que ce montant d’un milliard de francs pour les nouveaux pays adhérant à l’Union européenne ne soit soustrait de l’aide aux pays en développement. L’AdC s’est engagée avec les autres ONG actives dans le développement – dont Alliance Sud, la communauté de travail des oeuvres d’entraide – en vue de la votation du 26 novembre prochain pour que cette aide ne soit pas financée «sur le dos des plus pauvres». JB
Encadré
Collecte de l’Action de Carême 2006: un million de mieux qu’en 2006
Alors que l’Action de Carême connaissait un recul des dons en 2005 – l’oeuvre d’entraide des catholiques suisses n’avait pas profité de «l’effet tsunami» – , cette année s’annonce bien meilleure. Avec à cette heure un bon million de francs supplémentaires de dons par rapport à l’année précédente, «on remonte, on est clairement sortis de la crise», confie à l’Apic le directeur de l’Action de Carême, Antonio Hautle. «L’indication est claire, notamment dans les paroisses, que ce soit en Suisse romande ou en Suisse alémanique».
Sur un volume qui devrait atteindre cette année les 23 millions – y compris les versements de la Direction du développement et de la coopération (DDC) de la Confédération, des cantons, des placements, des rentrées provenant de l’immobilier, etc. – les dons atteignent quelque 16 millions, contre 14,8 millions l’année précédente.
Réduction du nombre de pays aidés
Actuellement l’AdC intervient dans 16 pays, contre 28 à l’arrivée de d’Antonio Hautle à la tête de l’oeuvre d’entraide début 2001. Cet effort de concentration veut justement éviter la dispersion. «On a quitté certains pays, ce qui fut douloureux, mais il fallait tenir compte des frais d’accompagnement. Notre travail de lobbying, en nous faisant les avocats des populations locales défavorisées sur place, demande plus de travail de consultants ici à Lucerne». Ainsi, il devient difficile pour l’AdC de mener des petits projets, car les coûts d’accompagnement et les frais administratifs deviennent trop élevés. «Il nous faut un budget d’au moins 500’000 francs pour pouvoir intervenir dans un pays de façon rationnelle».
Les projets de l’AdC en Amérique latine sont menés au Brésil, en Haïti, au Guatemala, au Pérou, en Colombie et au Chiapas (Mexique), tandis qu’en Afrique, l’oeuvre d’entraide catholique est présente au Congo RDC, au Sénégal, au Burkina Faso, en Afrique du Sud et à Madagascar. En Asie, l’AdC est présente aux Philippines, en Inde et au Népal. La Chine aujourd’hui n’est plus une priorité, mais la prochaine campagne va notamment aborder la question de la fabrication des éléments d’ordinateurs par les Chinois (Hong Kong, Taïwan).
L’AdC n’abandonne pas immédiatement des projets sur place, mais ménage une période de désengagement de trois ans et regarde si ces projets ne peuvent pas être repris par une autre ONG. Dans des pays comme Madagascar ou en Inde, les partenaires locaux sont totalement dépendants des programmes de l’AdC, et sa responsabilité est donc plus grande. Mais normalement, les projets de l’AdC sont également portés par d’autres ONG partenaires comme Misereor ou Cafod ou encore d’autres membres de la CIDSE (Coopération Internationale pour le Développement et la Solidarité, une alliance qui regroupe à Bruxelles 15 organisations catholiques d’Europe et d’Amérique du Nord oeuvrant pour le développement).
L’Action de Carême soutient au total 229 projets dans les pays du Sud, 37 autres projets internationaux et de politique de développement, ainsi que 38 projets en Suisse, surtout dans le domaine de la formation, de l’animation, des médias, de la jeunesse et pour les diocèses. (apic/be)
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